Quand on s’essaye au slow travel, la question du bivouac se pose assez vite. Il fait rêver pour la liberté, l’autonomie, le rapprochement avec la nature et les économies qu’il permet. Mais passer la nuit dehors, ça fait toujours peur. Alors on va essayer de démystifier ensemble cette idée de passer la nuit en bivouac.
On a mis un peu de temps avant d’essayer, mais depuis notre premier voyage à vélo, on est devenu adepte du bivouac (plus ou moins sauvage). Surtout lors de nos escapades dans des coins de nature. Il y a bien sûr quelques appréhensions à lever et des bonnes pratiques et précautions à respecter . Mais une fois le pas franchi, on s’habitue vite à passer la nuit en bivouac.
Quelle est la différence entre bivouac et camping sauvage ?
Légalement, en France, il n’y a pas de définition claire et donc de différence marquée entre bivouac et camping sauvage. Les deux appellations désignent une pratique de camping en dehors des zones aménagées. Cependant, s’il n’y a pas de différence légale, les deux appellations diffèrent tout de même dans leur sens commun.
On a tendance à appeler bivouac un séjour temporaire très court (généralement une nuit du coucher au lever du soleil). Utilisant peu d’équipement, le campement est discret et l’impact pour le lieu doit être minimum. Au contraire, le camping sauvage désigne un séjour plus long dont l’installation reste visible en journée. Il sera souvent perçu comme une installation durable. Passer la nuit en bivouac, c’est rester une nuit dans une installation légère et discrète sans laisser de traces.
Réglementation : Le bivouac est-il légal en France ?
Oui ! Selon l’article R111-32 du code de l’urbanisme, la pratique « est librement pratiquée, hors de l’emprise des routes et voies publiques, (…) sous réserve, le cas échéant, de l’opposition du propriétaire ». Cependant les exceptions sont assez nombreuses. Littoral, sites inscrits, certains parcs régionaux, proximité des points d’eau servant à la consommation, restrictions locales, … Il vaut donc mieux se renseigner en amont. En prenant quelques précautions, il n’y a cependant pas de problème à passer la nuit en bivouac.
Pourquoi dormir en bivouac ?

On a découvert le bivouac lors de notre premier voyage à vélo. C’est quelque chose que Victor voulait essayer depuis quelques temps et on a été séduit avant tout par l’avantage logistique. On peut presque décider à tout moment de s’arrêter de pédaler pour la journée et déployer la tente. Ce qui était très important pour nous qui ne savions pas combien de kilomètres on pourrait avaler par jour. Cela permet aussi de gérer un pépin d’équipement ou de météo qui nous bloquerait sur place, nous obligeant à passer la nuit en bivouac sur place.
Mais la logistique est loin d’être le seul avantage. Le bivouac, c’est aussi la liberté de s’installer au plus près de l’endroit qui nous plaît. On choisit en fin de journée le cadre parfait pour voir le lever de soleil du lendemain matin. Le facteur économique est aussi important. A part l’invitation chez l’habitant, il n’y a pas de solution moins chère que la nuit en bivouac. Enfin, le bivouac est la solution parfaite pour se retrouver tranquilles, sans sollicitation extérieure. En couple, c’est un moment encore plus fort.

Le matériel indispensable pour débuter en bivouac
La liste exacte du matériel indispensable à emporter dépend bien sûr de plusieurs facteurs. Le type de voyage dicte l’encombrement acceptable. La destination et la saison (et donc des éléments météorologiques et environnementaux) peuvent nécessiter de l’équipement. Le niveau de confort souhaité induit aussi un équipement en conséquence.
Pour nous la liste des indispensables pour installer un bivouac peut se réduire à:
L’abri : tente légère ou bivouac minimaliste
Il peut aller de la bâche tenue par 2 cordes à la tente grand luxe. Pour nous c’est le plus souvent une petite tente légère et rapide à monter. Laurine étant sujette aux piqures de moustiques, on se passe difficilement d’un abri qui ferme.
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Le matelas et la protection thermique pour bien dormir
On perd la plupart de notre chaleur par le contact avec le sol. Il est donc primordial de mettre une épaisseur entre la Terre et nous. Un tapis de sol peut faire l’affaire. Pour nous le plus souvent c’est un matelas gonflable que Victor gonfle chaque soir lorsque l’on s’installe. L’épaisseur dépendra du type de voyage et du lieu.
La température descend pas mal au cours de la nuit alors la protection thermique adaptée est primordiale pour bien dormir. Même lorsqu’il fait chaud, il est le plus souvent bien agréable d’avoir une couverture au moins au cas-où. Nous sommes des adeptes des sacs de couchage, plus ou moins épais. Mais on ne part jamais sans à minima une couverture de survie à utiliser en cas de problème.
La réserve d’eau et l’alimentation
L’eau est bien évidemment nécessaire pour s’alimenter mais aussi pour se laver et nettoyer la « vaisselle ». Il est rare que l’on s’arrête avec moins de 5 litres d’eau. Pour la transporter on a opté pour des gourdes, auxquels on ajoute parfois un réservoir de douche de camping qui sert de jerrican facile à ranger.
Lors des itinérances, la pause du soir est souvent le principal temps de repos de la journée alors on l’accompagne habituellement d’un bon dîner. Pour ça on est plutôt adepte du réchaud et de la petite popote. Mais certains économiseront le poids du réchaud avec du prêt à manger.
Voilà , à notre avis, le strict minimum à prévoir pour bivouaquer sereinement. Il y a cependant bien sûr d’autres équipements bien utiles (lampe-torche, batterie portable pour téléphone, balise GPS, corde à linge, articles de toilettes, …). Chacun jugera leur aspect indispensable à l’aune de leur poids et encombrement.
Comment se déroule une nuit en bivouac ? Étape par étape
Étape 1 : Trouver l’emplacement de bivouac
La première étape du bivouac, c’est de trouver un emplacement. Mais avant même de trouver l’emplacement parfait, il faut avoir prévu un peu en amont. On s’assurera notamment d’avoir suffisamment d’eau et de nourriture. Soit on récupère le nécessaire avant de s’arrêter. Soit on s’assure d’être à proximité d’un point où le ravitaillement sera possible.
Une fois prêts, on trouve le bon emplacement. Souvent cela veut dire tourner un peu dans la zone pour trouver l’emplacement qui nous convient le mieux. Il y a alors pas mal de critères à prendre en compte.
Le premier critère est que l’endroit soit autorisé. Il nous est arrivé, installés sur un terrain vide que l’on pensait abandonné, de voir arriver le propriétaire mécontent. Ce n’est jamais une bonne surprise pour personne.

La zone doit aussi être sécurisée, on évite donc toute zone inondable ou de passage important de faune. Il convient aussi de vérifier que notre installation ne gêne ni le voisinage, ni la faune locale. Pour plus de confort, on vous recommande chaudement de vous interroger sur les sources de bruit potentiel. Afin d’éviter par exemple le réveil à 5 heures par les voitures sur la départementale qui semblait déserte à 21h. Pensez aussi à l’orientation. Dans la tente, il fait souvent bien plus chaud le soir que le matin. Une orientation permettant d’être vite à l’ombre le soir mais au soleil tôt le matin est alors idéale. Enfin, pour profiter d’une bonne nuit, il reste primordial que l’emplacement vous plaise et que vous vous y sentiez le mieux possible.
Étape 2 : Vérifier l’emplacement et installer le campement avant la tombée de la nuit
Une fois que vous avez identifié un bon emplacement, prenez un moment pour vérifier qu’il est vraiment bon. Ces cinq minutes valent largement le coup si elles vous évitent de devoir bouger le campement après installation.
Vient ensuite le moment d’installer le campement. On déploie la tente, on gonfle les matelas, on range les sacs, etc. La nuit tombe toujours plus vite qu’on ne le pense. Il vaut donc mieux faire tout ça quand on a encore un peu de lumière naturelle.
Étape 3 : Gérer la popote, la vaisselle et la lessive de fin de journée

Dernier effort, préparer le repas et faire sa lessive. Chez nous, c’est souvent Victor à la popote et Laurine nettoie les vêtements sales. On fait le plus souvent sommairement au savon de Marseille avec un peu d’eau. Parfois on trouve une table de picnic qui facilite toutes les activités.
Puis il est temps de clore la journée et d’enfin passer la nuit en bivouac. Victor fait habituellement la vaisselle pendant que Laurine fait le compte-rendu de la journée. Nous avons en effet pris l’habitude d’envoyer un récapitulatif quotidien de nos journées à nos familles. C’est aussi l’occasion de rassurer nos familles et de les tenir au courant d’où nous sommes. On a bien conscience que quand on ne le pratique pas, l’idée de bivouac peut être effrayante.
Étape 4 : Quitter le lieu au matin sans laisser de traces
Au matin, on déjeune habituellement rapidement puis on range consciencieusement nos affaires. On ramasse ensuite nos éventuels déchets et on quitte l’emplacement dans le même état qu’on l’a trouvé. Si le bivouac laisse pour nous des souvenirs mémorables, il ne doit pas avoir d’impact délétères sur les lieux d’exceptions qui nous ont accueillis.
Passer sa première nuit dehors, que ce soit lors d’un voyage à vélo ou d’une randonnée, s’accompagne toujours d’un petit pic d’adrénaline. Mais une fois les règles de sécurité et la réglementation comprises, le bivouac devient synonyme d’une liberté absolue et d’économies majeures pour voyager loin et longtemps.
En respectant la nature et la tranquillité des lieux qui vous accueillent, vous vous offrirez les plus beaux levers de soleil du monde au saut de la tente.
Vous préparez votre première itinérance ? Découvrez également notre article sur notre voyage à vélo à travers le Maroc pour peaufiner l’organisation de vos sacoches !
Et vous, quelle est votre plus grande crainte (ou votre meilleur souvenir) pour votre première nuit de bivouac ? Partagez vos retours ou vos questions en commentaire !
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