Après nos études en école d’ingénieurs, nous avons tous les deux commencé des carrières dites « prestigieuses » sur Paris. Jeunes cadres à la Defense, le plus dur était derrière nous. Nous avions notre vie et notre carrière toutes tracées, nous étions partis pour gravir les échelons année après année. Alors comment, en quelques mois, nous nous sommes retrouvés à tout plaquer et abandonner cette stabilité pour changer de vie?
« Et si? »
L’histoire

Lorsque nous étions en école d’ingénieurs, nous avons fait une césure pendant laquelle nous sommes partis tous les deux plusieurs mois en Asie du Sud Est en itinérance, à à peine 20 ans. (J’ai passé deux mois seule au Japon à faire du Wwoofing, puis Victor m’a rejoint pour explorer Japon, Malaisie, Singapour, Thailande et Inde. Un vrai dépaysement et bouleversement de nos croyances sur le monde!).
Depuis toujours, nous avons soif d’aventure, de découvertes et de rencontres. Sans aucun doute, on peut dire que cette césure nous a changés. Mais malgré cela, nous avons continué de vivre la vie tracée pour nous jusque là, avec toujours dans un coin de notre tête ce désir de liberté innassouvi. Nous avons été diplomés de notre école d’ingénieurs, et j’ai obtenu en parallèle un master en finance quantitative. (En 2020… quitte à être enfermés du fait du covid, autant suivre des cours du soir!). On avait pour projet de partir à nouveau pour une aventure similaire 5ans maximum après notre retour.
Mais nous voilà lancés dans le stage de fin d’études et dans la foulée dans notre premier job. Un tel projet ne semble jamais coller a nos agendas profesionnels respectifs. Et petit à petit, la routine s’installe, les mois puis les années passent. Et on s’enlise, les éventuels projets deviennent des rêves, et on les laisse de côté, on s’ancre dans la facilité.
Le déclencheur
Souvent, je sortais un peu des idées de mon chapeau, qui me faisaient rêver quelques minutes. Mais Victor, qui a toujours eu plus les pieds sur terre que moi me faisais comprendre que ça allait être compliqué voire impossible et que ce n’etais pas très raisonnable. (Deux exemples concrets: « Viens on plaque tout, et on devient instagrammeurs en voyageant en Amérique du Sud » ou « Viens, on va changer de vie: on part vivre en Nouvelle Calédonie » après avoir eu une offre d’emploi là bas).
Clairement, notre vie sur Paris était très bien et très confortable, mais il nous manquait quelque chose. On le sentait, et ce manque de quelque chose, ou besoin d’ailleurs était de plus en plus présent. On multipliait les escapades pour fuir le quotidien (Road trip à vélo, week end ou journée pour découvrir une ville). En parallèle, on faisait énormément de sport pour compenser nos journées « perdues » à être assis derrière un bureau : escalade et course à pied, pour se pousser et se challenger jusqu’à réaliser deux marathons.

« Et pourquoi pas? »
Puis un jour, à bord d’un train en regardant le paysage défiler, j’ai lancé une n-ième idée qui me faisait rêver sur le moment. « Viens on quitte tout et on devient instructeur de plongée ». Et pour une fois, Victor ne m’a pas regardé comme si j’étais complètement barrée, pour une fois quelque chose a créé le déclic. Ce n’etait pas si absurde, car Victor avait déjà son diplôme d’instructeur de plongée en poche (qu’il avait passé au début de sa césure en 2018). Pour moi cependant, il fallait se renseigner sur comment devenir instructeur de plongée? Mais ça faisait sens, ça rejoignait ce que l’on aimait le plus: la nature, le voyage, la liberté, et bien sûr la plongée!
La première brique
On a commencé à faire des recherches (BEAUCOUP de recherches), à regarder ce qu’il serait possible de faire pour changer de vie, préparer un budget (coûts de la vie et de ma formation estimées selon les endroits), regarder des documentaires, des vidéos sur le quotidien d’un instructeur de plongée. (Parce que le rêve et la réalité sont souvent assez éloignés. Tout n’est pas tout rose dans ce métier, loin de là! Et il est important d’en être conscient avant de se lancer à corps perdu dans un projet qu’on pourrait regretter). Rien ne nous a effrayé suffisamment pour nous décourager. Plus on accumulait des informations, plus on se disait que ce n’était pas impossible, et très vite les arguments POUR dépassaient les arguments CONTRE.
Et en quelques semaines, les recherches se sont étoffées et se sont transformées en lieux potentiels pour notre première expérience. Nous avons commencé a consulter les offres d’emploi par curiosité, nous avons également réfléchi à toutes les eventualités.(Quitter notre job? Faire une césure d’une année? Que faire de notre appartement? Et comment gérer les impôts? La mutuelle?…). Et juste comme ça, l’idée, le rêve, s’est transformée en projet, et nous sommes passés du « Et si? » à « Et pourquoi pas? »
Passer du « Et pourquoi pas » à la décision a encore été une autre étape dans notre parcours pour changer de vie, avec son lot de challenges, que nous partagerons par la suite. Une chose est certaine, notre nouvelle vie de voyages en couple est beaucoup plus vibrante et forte en souvenir que notre routine parisienne!

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