
Si tu ne nous connais pas, nous sommes Victor et Laurine. Anciennement consultants non épanouis dans nos vies de cadres à Paris, nous les avons quittées pour travailler comme instructeur de plongée sous-marine et voyager en couple. Après presque un an à bosser dans un centre à Malte, on fait un retour d’expérience sur cette nouvelle vie.
Alors, à quoi ressemble le quotidien d’un instructeur de plongée sous-marine?
L’instructeur arrive toujours avant les plongeurs !
On habite à proximité du centre mais on règle tout de même le réveil une heure avant notre arrivée prévue sur place. Le début de journée étant assez physique, on ne peut pas vraiment arriver mal réveillés.
Notre heure d’arrivée dépend du plan de la matinée, toujours de 30 à 45 minutes avant l’heure donnée aux clients. Une fois au centre, on vérifie le planning de la journée qui nous attend avec notre manager. On en discute toujours la veille avant de partir mais mieux vaut vérifier ce qui a pu changer.
Ensuite, on commence à préparer la matinée.
Préparation des plongées du matin
La première étape de la préparation est la plus physique.

Si on plonge ailleurs que sur le house reef (90% du temps), on charge les voitures pour la matinée. On charge notamment les bouteilles dans le coffre (deux par plongeurs plus une de sécurité). on utilisait quasiment uniquement des tanks de 15 litres en acier soit plus de 20kg chacun, ça pèse sur les lombaires!
On charge aussi la bouteille d’oxygène médical et un équipement quasiment complet dans le « spare bag ». Ensuite chacun prépare son propre équipement dans un sac et le charge dans la voiture. Enfin, on prépare les équipements pour les clients dont on connaît déjà les tailles. En arrivant ils n’auront plus qu’à vérifier et les charger dans la voiture.
En parallèle de tout ça, dès que l’un des instructeurs a un moment, on prépare le centre pour notre retour en rangeant la « wet area » (c’est l’endroit où on rince le matériel). On rentre donc l’équipement sec et on change l’eau des bacs de rinçage.
Les plongées du matin
Une fois les clients arrivés et lorsque tout le monde est prêt, on embarque tous en voiture. En fonction de la destination, le trajet dure 25 à 45 minutes si on va par exemple à Cirkewwa… ou bien plus en cas de plongées à Gozo.
C’est bien sûr l’instructeur qui conduit (une voiture loin d’être neuve et souvent bien chargée, à gauche, entourée de locaux fous du volant).
- Arrivés au site de plongée, on décharge le matériel (avec plus ou moins d’aide des clients) et chacun prépare son équipement.
- On fait le briefing du lieu et de la première plongée puis tout le monde se prépare à plonger.
- Après les dernières vérifications de sécurité, on va enfin à l’eau. A moins d’avoir des clients vraiment compliqués, c’est le meilleur moment de la journée et ce pourquoi on est devenu instructeurs. Malheureusement cela ne dure que 40 minutes.
- A la sortie, on retourne à la voiture pour une pause (nécessaire à expulser une partie de l’azote de notre organisme) et changer les bouteilles.

- Puis de nouveau tout le monde se prépare et on va plonger, habituellement sur un autre site au même endroit.
- En sortant, on range tout notre équipement et on attend (parfois longtemps) que les clients fassent de même. Puis on charge la voiture et on repart au centre.
Une rapide pause déjeuner
On revient habituellement entre 13h et 14h mais c’est largement dépendant du site du matin et (surtout) de la vitesse de préparation des clients et du trafic. On souffle alors un peu avant l’arrivée des clients de l’après-midi. L’heure de rendez-vous est à 15 heures (ou 14h en hiver mais on part un peu plus tôt le matin). Alors en considérant qu’on doit décharger la voiture, brancher les blocs au compresseur et préparer la plongée de l’après-midi, on a pas toujours une longue pause déjeuner. On est loin de la pause resto pendant 1h30 des cadres de la Défense. A la maltaise, on avale plutôt notre plat réchauffé en 15 minutes.
Une plongée l’après-midi
L’après-midi, on fait les plongées de formation et les DSD (Discover Scuba Diving Program).

Les DSD sont l’équivalent pour PADI des baptêmes, chaque instructeur emmène jusqu’à 4 débutants. Avant l’arrivée des clients, on prépare entièrement leur équipement pour eux, un par plongeur. On fait ensuite un briefing d’une quarantaine de minutes avant d’aider les clients à s’équiper. Si les conditions météorologiques le permettent, on plonge sur le House Reef juste devant le centre, ce qui évite de prendre les voitures. La plongée en elle même dure une trentaine de minutes. Elle est cependant précédée par quelques exercices assurant la sécurité, qui peuvent durer de 5 minutes à parfois plus d’une demi-heure. Au retour au centre, on nettoie le matériel des clients.
De manière générale, les plongées de formation sont assez stressantes pour l’instructeur. En effet les plongeurs n’étant pas déjà certifiés, ils sont 100% sous notre responsabilité. Ils sont d’ailleurs souvent plutôt imprévisibles.
Rangement et planification des plongées du lendemain
La journée termine habituellement entre 17h et 18h30. Après le départ des clients, on nettoie sommairement le centre et on range le matériel une fois qu’il a bien égoutté. C’est assez vite fait mais après une journée de plongée fatigante, on se passerait bien de la manutention ajoutée. Une fois l’arrière du centre prête pour l’arrivée des clients du lendemain, on fait le point sur le planning des jours à venir.
Les spécificités Malte / Centre de plongée
Nous avons conscience que ce retour d’expérience est teinté de certaines spécificités de Malte ou de notre employeur. Bien sûr, certaines choses seront différentes en fonction des pratiques du pays ou du centre.
Une des règles les plus appréciables pour nous était le maximum imposé de trois plongées par jour. Cette règle protège notre santé autant qu’elle structure le planning et si elle n’est pas complètement exceptionnelle en Europe, il faut avoir en tête que certains centres ne l’appliquent pas forcément.
Par contre, un aspect négatif de la plongée à Malte pour nous restera la conduite. La grande majorité des sites sont accessibles par la route et on a donc beaucoup conduit, ce qui allonge les journées et ajoute du stress. On sera bien content de ne pas retrouver ça ailleurs.

Hors Europe, il faut s’attendre à un quotidien moins « cadré ». Le salaire est d’ailleurs souvent basé plus fortement sur des commissions et dépend donc du volume de clients et de plongées. Il n’est pas rare que les centres fonctionnent plus comme des entremetteurs, ils vous trouvent les clients, fournissent les capacités de les faire plonger, gèrent une partie de l’administratif et gardent la plus grosse partie du prix payé.
Si vous exercez en freelance plutôt que salarié d’un centre, votre quotidien changera aussi en conséquence avec du temps alloué à trouver des centres employeurs ou des clients en direct ainsi qu’aux tâches administratives.
Malgré tout cela, on pense que cette description donne une idée assez fidèle du métier d’instructeur de plongée salarié. En tout cas en Europe.

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