Briançon, commune des Hautes-Alpes, est la porte d’entrée vers de nombreux sentiers de randonnée. Notre choix s’est porté sur Briançon pour être le point de départ de notre première expérience de trek de 2 jours en autonomie. Une occasion parfaite pour ralentir, sortir de notre zone de confort et tester le bivouac à pied. Dans cet article, on partage notre itinéraire, notre ressenti, et ce qu’on a appris suite à ce premier essai du bivouac en itinérance à pied.

Pourquoi Briançon pour une première expérience de 2 jours de trek?

Nous avons choisi Briançon comme point de départ pour ce premier trek, déjà pour des raisons pratiques. Accessible en train de nuit depuis Paris, il permet de s’endormir le vendredi soir à Paris pour se réveiller le samedi matin à Briançon, prêt pour un week-end de trek. Le trajet retour s’effectue dans la nuit du dimanche au lundi, parfait pour être à l’heure au travail, quoiqu’un peu fatigués.

Nous nous sommes rendus à Briançon grâce au pass rail pendant l’été 2024. Le pass rail (49€) permettait aux jeunes entre 16 et 27 ans de parcourir la France en TER, Intercités, et en train de nuit en illimité pendant 1 mois d’été. Un supplément de 19 euros était nécessaire pour les couchettes. Le pass rail n’a malheureusement pas été renouvelé en 2025. Nous croisons les doigts pour le renouvellement de l’offre dans les années à venir car elle permet aux jeunes de découvrir la France pendant l’été.

De plus, à Briançon, la montagne est accessible rapidement. Les sentiers sont délimités et de nombreuses options sont disponibles (1, 2 jours ou plus). Il n’y a pas besoin de partir au bout du monde pour vivre une vraie aventure

Notre itinéraire sur 2 jours

Jour 1: De Montgenèvre à Névache

À la sortie du train, on prolonge un peu avec un bus vers Montgenèvre qui sera le point de départ de notre trek. Les bus s’arrêtent tous juste devant la gare, il suffit de ne pas se tromper. Ce bus n’était pas obligatoire mais il nous permet de gagner un peu d’altitude et d’éviter de passer deux fois au même endroit. Sur place, on complète nos réserves de nourriture et d’eau. On attaque ensuite la montée vers le col de la Lauze à 2520 mètres d’altitude. Petit à petit, on apprivoise le sac à dos (et son poids) et les bâtons de marche.

Vue depuis les sommets lors de notre Trek au départ de Briançon

On croise quelques personnes au début du sentier de randonnée, mais très vite, les passants se font rares. Ça grimpe beaucoup et le rythme n’est pas aussi rapide qu’on le voudrait. On arrive tout de même en haut du col pour le déjeuner, un bon sandwich qui requinque. La vue est déjà à couper le souffle. Seulement 18 heures après avoir quitté Paris, on se sent dans un autre monde.

Direction ensuite l’immense vallée entre le Grand Pierron et le Pic de Lauzin. On côtoie des marmottes (de loin car elles sont assez craintives et nous faisons trop de bruit pour elles) et des oiseaux de proie. Les paysages sont splendides, et quelques cours d’eau nous permettent de remplir notre gourde filtrante.

Laurine lors du trek à Briançon

On redescend ensuite tout ce qu’on a monté le matin et on longe La Clarée jusqu’à Névache. À ce moment-là, la journée touche à sa fin et nous sommes exténués, mais nous apprécions le charme de ce village dans la vallée. Nous parvenons à trouver une pizza à emporter à Névache avant de repartir à la recherche d’un coin de bivouac. Vu notre état de fatigue et l’heure avancée de la journée, il ne sera pas possible de remonter. Nous devrons camper dans la vallée plutôt que sur les hauteurs comme prévu… Dommage!

Bilan de la première journée: environ 20 km avec 1000 mètres de D+, de bonnes courbatures… Mais surtout des paysages magiques et des souvenirs gravés à jamais. Nous voilà piqués.

Jour 2: De Névache à Briançon

Pour ce deuxième jour, nous avons un impératif: arriver à l’heure pour le train du soir afin de rentrer à Paris. On quitte donc notre lieu de bivouac en prenant soin de ne rien laisser derrière nous. C’est parti pour une nouvelle montée.

Victor à Briançon

Les paysages sont très différents: on grimpe en forêt, au couvert des arbres. Il fait chaud donc on apprécie beaucoup l’ombre. Arrivés en haut, on retrouve les paysages incroyables, et on se dit que c’est bien dommage d’avoir dormi en bas… un bon enseignement pour les prochaines fois.

Cette fois-ci, c’est près d’un lac d’altitude que nous avons déjeuné: des nouilles instantanées préparées au réchaud, de l’énergie avant d’entamer ce qui sera la partie la plus difficile du week-end. On suit le chemin de crête, splendide mais assez technique par moments. On profite de la vue magnifique sur les vallées en contrebas. Il faut être prudent et on avance lentement, mais quel spectacle!

Lac d'altitude à Briançon

Ensuite, il faut redescendre jusqu’à Briançon, et c’est la partie vraiment complexe. Le dénivelé est vraiment très important et il est difficile d’avancer. La fatigue des deux jours se fait sentir et on manque d’eau. Pour avancer plus vite, Victor porte les deux sacs pendant plusieurs kilomètres dans un effort inouï, car Laurine peinait vraiment. En retrouvant la civilisation, on parvient de justesse à attraper le bus. Ce n’est que pour 3 arrêts mais il nous économise 2 kilomètres et les 10 minutes qui auraient pu nous faire rater le train. On entre ensuite dans le train de justesse, après beaucoup de stress. Comble, le train partira finalement avec plus d’un quart d’heure de retard… On peut rentrer à Paris après une deuxième journée de 20 km et 1000 m de D+.

Notre ressenti: une première expérience incroyable

Ce premier trek de 2 jours au départ de Briançon a été une véritable aventure. Après seulement quelques heures de train depuis Paris, on découvre un autre monde, loin de l’urbanisation et du béton, et ça fait un bien fou. La fierté d’arriver en haut des cols et de pouvoir découvrir la vue nous prend aux tripes. Se retrouver en pleine nature, avec pour seul bruit celui de nos pas, et le calme qui nous permet d’observer la faune, nous a donné le goût de l’aventure et l’envie d’y retourner.

Cette expérience est à la fois un défi physique et mental. Passer d’une vie sédentaire à une randonnée de 2 jours en bivouac est un choc pour le corps, même en étant sportif.

Ce qu’on referait différemment

Sur le chemin des cîmes: randonnée à Briançon

Une première expérience est souvent l’occasion d’essuyer les plâtres, et celle-ci n’a pas fait exception. La première chose que l’on a apprise est l’importance du dénivelé. Marcher 20 km par jour est plutôt facile en tant que sportif, ajoutez 1 000 mètres de D+ chaque jour pendant 2 jours, et ce n’est plus du tout pareil. Pour les prochaines fois, on réduira donc notre nombre de kilomètres et/ou de dénivelé par jour, pour avoir le temps de faire plus de pauses et de profiter au maximum.

Pour faciliter la marche et réduire l’effort, nous diminuerons fortement le poids du sac à dos. Comme tout novice, on a emporté bien trop d’au cas où et de superflus.

Enfin, avec une randonnée comme celle-ci, dormir dans la vallée est vraiment dommage. La prochaine fois, nous gérerons mieux nos horaires pour nous assurer de bivouaquer dans une vallée en hauteur, pour profiter de la solitude, de la vue et du coucher et lever de soleil.


Plus qu’une simple randonnée, ce trek de 2 jours au départ de Briançon a été pour nous une véritable aventure. Si vous cherchez du dépaysement, nous vous invitons à tenter l’expérience, ici ou ailleurs. Cela a été pour nous une expérience fondatrice dans nos voyages en Slow Travel qui nous a donné l’envie de plus, et que nous referons sans hésiter. Si vous êtes intéressés, vous pouvez également découvrir nos autres aventures en France. Il n’y a pas besoin de partir loin pour sortir du quotidien.


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Nous, c’est

Laurine et Victor

Anciens consultants à Paris, nous avons tout quitté pour vivre la vie dont nous rêvions: partir à l’aventure et travailler en tant qu’instructeurs de plongée. Ici, on partage nos aventures et le quotidien de notre nouvelle vie.

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