Après Tanger et nos premiers kilomètres sur la route au Maroc, Rabat nous a offert un autre visage du pays. Cette capitale nous surprend par son organisation et son atmosphère plutôt calme. À Rabat, on ressent moins l’omniprésence touristique et on peut visiter à notre rythme. Dans cet article, on revient sur notre étape à Rabat: ce que nous avons vu, et comment nous l’avons vécue (avec et sans les vélos).
Arriver à Rabat à vélo : premières impressions
Nous sommes arrivés à Rabat par le nord, en longeant la route côtière. Sur cette portion, nous avons longé tour à tour de grands espaces verts et des zones en construction (notamment des villas ou résidences en devenir). Avant d’entrer véritablement dans Rabat, nous avons traversé Salé. Longer la médina de Salé à vélo nous donne envie d’y revenir pour profiter de l’ambiance populaire authentique. Puis vient le moment de franchir le pont Hassan II pour traverser le Bouregreg. Bonne surprise : une piste cyclable permet de traverser sereinement vers Rabat, avec une vue dégagée sur les deux rives (notamment sur l’architecture très atypique du nouveau théâtre), la tour Hassan II et les murs de la médina en face.
La circulation devient plus dense à mesure que l’on s’approche du centre, mais les avenues sont larges et laissent suffisamment d’espace pour avancer tranquillement à vélo. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité, bien qu’il faille rester attentifs.
Nous entrons dans la médina de Rabat, où nous avons choisi de passer 2 nuits. Les rues de la médina sont plus larges que celles de Tanger, mais tout aussi fréquentées et labyrinthiques.
Dormir à Rabat avec les vélos
En ayant pour objectif de dormir avec un budget modéré proche des lieux d’intérêt de la ville, la médina nous a semblé le meilleur endroit pour poser nos bagages (et nos vélos). Nous ne savions pas si nous pourrions laisser les vélos la nuit dans un endroit sûr, et nous préférons éviter de les laisser dormir dehors. Nous n’avions donc pas réservé de logements et avons décidé de faire le tour des logements touristiques de la médina pour leur demander les prix et les possibilités de stockage des vélos.
Localiser les hostels dans la médina se révèle beaucoup plus complexe que prévu. Google Maps n’est pas d’une grande aide car il est autant perdu que nous à l’intérieur des murs. Les lieux n’étant pas particulièrement bien indiqués… on galère. On tombe finalement sur un hostel repéré sur Booking : Keyezer, coincé dans une mini-ruelle. Pour environ 35€ par nuit, nous avons une chambre avec salle de bain partagée dans cet hostel. Nous pouvons également rentrer les vélos dans l’espace commun, ça nous convient parfaitement!
Que visiter à Rabat?
Se promener dans Rabat est déjà une expérience en soi. Les grandes allées bordées d’arbres sont très agréables et nous font un peu penser à la ville de Chandigarh en Inde.

Nous avons découvert la ville à pied en nous rendant à la nécropole de Chellah. Occupée dès l’époque romaine, puis transformée en nécropole par les Mérinides au XIVe siècle, Chellah mêle vestiges antiques et architecture islamique dans un cadre paisible. Aujourd’hui, une visite d’environ 2 heures nous permet de découvrir cette succession d’époques pour 70 dirhams (environ 7€) par personne. Attention, l’audioguide (plutôt bien fait) est nécessaire si vous voulez comprendre l’histoire du lieu. On y découvre aussi l’impressionnante colonie de cigognes.
Retour en ville pour découvrir la tour Hassan II et le mausolée Mohammed V. La tour Hassan date du XIIe siècle. Elle devait initialement être le minaret d’une immense mosquée voulue par le sultan Yacoub al-Mansour. Le projet fut abandonné après sa mort, laissant derrière lui cette tour incomplète et les colonnes qui témoignent encore de l’ampleur du chantier d’origine. Juste en face, le Mausolée Mohammed V a été inauguré en 1971. Il abrite le tombeau du roi Mohammed V avec une magnifique architecture. Les deux se visitent en accès libre.

La cathédrale Saint-Pierre vaut également le détour, pour son architecture et pour en apprendre plus sur la situation des catholiques au Maroc.

Bien sûr, on ne manquera pas de visiter la médina de Rabat, plus large et plus aérée qu’à Tanger. Elle reste un dédale de ruelles où l’on aime se perdre, avec une ambiance beaucoup plus animée le soir que le matin.
En remontant vers la Kasbah des Oudayas, le décor change progressivement. Les ruelles se teintent de blanc et bleu dans ce lieu où il fait bon de flâner.
👉 Visiter Salé?
Se restaurer à Rabat
Au-delà des monuments et des balades, ce sont souvent les petites choses du quotidien qui marquent une étape, et la nourriture en fait évidemment partie.
Les découvertes culinaires
Que ce soit au petit-déjeuner en version sucrée (au miel!), ou après le dîner en version salée, nous avons découvert et absolument adoré les msemens.
Sortes de petites galettes carrées, légèrement croustillantes à l’extérieur et fondantes à l’intérieur, elles sont absolument délicieuses. Le plus? Elles ne coûtent que 4 ou 5 dirhams (soit 40-50 centimes pièce).

Nous avons également adopté la harira en début de repas. Cette soupe à la tomate très prisée des Marocains est excellente. Ils la dégustent avec un œuf dur (mais à nous, ils nous donnent du pain, il faut avouer qu’on n’a toujours pas compris pourquoi). Peu chère et nourrissante, c’est un incontournable de la cuisine marocaine.
Où manger à Rabat?
Nous avons été surpris de voir partout des restaurants de fast food (sandwich, pizza, tacos…), qui coûtent une bouchée de pain. Parfois, le sandwich coûte moins d’un euro. Nous avons testé, et c’est franchement plutôt bon pour le prix.
Par contre, ce n’est pas vraiment de la nourriture traditionnelle marocaine. Pour manger local, bon, mais pas trop touristique, nous avons développé quelques techniques. La première: repérer sur Google Maps les restaurants dont le nom est en arabe, c’est en général un premier bon indicateur. La deuxième est de se balader et repérer les endroits fréquentés par les locaux… ça ne ment jamais! Les prix y sont souvent plus abordables, et la nourriture plus locale. La contrepartie est une carte pas toujours traduite (et pas toujours existante d’ailleurs), une vraie immersion dans la culture et parfois les regards apeurés des tenanciers et curieux des clients locaux.
Voyager à vélo à Rabat: facile ou non?
Globalement, Rabat fait partie des villes où nous nous sommes sentis plutôt à l’aise à vélo. Les avenues sont larges, la circulation parfois dense mais relativement fluide, et il y a généralement de la place pour avancer sereinement. L’arrivée par le pont au-dessus du Bouregreg, avec sa piste cyclable, donne d’ailleurs un premier signal positif : le vélo trouve sa place (bien que les deux-roues motorisés utilisent aussi la piste cyclable).
Comme partout en ville, il faut rester attentif, anticiper les mouvements et accepter un rythme plus « nerveux » qu’en pleine campagne. Mais comparée à d’autres grandes villes, Rabat nous a semblé organisée et peu chaotique. La médina, en revanche, se parcourt davantage à pied. Même si les ruelles sont plus larges qu’à Tanger, leur caractère labyrinthique et l’animation rendent la circulation à vélo peu pratique.
Rabat nous a offert une respiration bienvenue après un début de voyage compliqué, nous avons adoré la visiter. On y découvre un Maroc différent, à la fois institutionnel et authentique. Après Rabat, la côte atlantique nous attend à nouveau, avec ses longues routes, son vent parfois capricieux et de nouvelles découvertes à venir jusqu’à Casablanca et après.
Ce n’est que le début de notre voyage de 2 mois à vélo au Maroc, où il y a tant à découvrir.

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