Chefchaouen, c’est l’une de ces villes qu’on a l’impression de connaître avant même d’y avoir mis les pieds. On a tous vu défiler sur Instagram les photos des ruelles bleues avec leurs pots de fleurs… On avait donc une image très précise de ce qui nous attendait. Trop précise, peut-être. Car Chefchaouen est un incontournable du circuit touristique marocain… pas vraiment ce pour quoi on a décidé de faire un voyage à vélo de plusieurs mois dans le pays. Sauf qu’il était sur notre route, et qu’on ne voulait pas ne pas s’y arrêter pour se faire notre propre avis. Dans cet article, on vous raconte notre étape à Chefchaouen : comment on y est arrivés à vélo, ce qu’on en a vraiment pensé, et ce qui vaut (ou non) le détour.

Arriver à Chefchaouen à vélo

Chefchaouen est une ville nichée entre les montagnes du Rif. Peu importe de quel côté on vient… ça grimpe!

Vue sur Chefchaouen avec les vélos

Nous sommes arrivés depuis le sud, après avoir traversé les villes de Fès puis Meknès. Depuis Derdara, il faut prendre la R412 pour monter jusqu’à Chefchaouen. Très vite, on aperçoit au loin la ville et ses couleurs bleutées. On arrive par le fameux spot photo et sa vue sur la médina. Ici fourmillent voitures et cars de touristes arrêtés pour la photo… Nous n’avons pas fait exception et avons apprécié la vue sur la ville, la pause étant bienvenue après plus de 300 mètres de montée.

En descendant dans la ville, on prend vite conscience que la parcourir à vélo va s’avérer compliqué. C’est très pentu, et l’intérieur de la médina est un véritable dédale. Entre les ruelles étroites, les cul-de-sac, les escaliers, et le monde… Nous n’avons pas voulu tenter l’expérience qui, en arrivant en fin de journée, n’aurait pas du tout été agréable dans la médina bondée. Heureusement, plusieurs options d’hébergement existent hors de la médina.

Visiter avec (ou sans) les vélos?

Nous avons passé 2 nuits à Chefchaouen et avons choisi d’aller au camping Azila: 30 dirhams (environ 3€) par personne + 20 dirhams (environ 2€) par tente. C’est un peu cher pour un camping au Maroc, surtout vu la qualité des services proposés — mais zone touristique oblige, et surtout, c’est le seul! Le camping surplombe la médina d’une centaine de mètres, donc il faut encore grimper pour y accéder, mais ensuite, nous y avons laissé nos vélos (attachés et bâchés) ainsi que notre tente (avec un cadenas à l’entrée) pour visiter la ville les mains libres et l’esprit léger. Aucun problème à signaler, et c’est une vraie liberté de pouvoir sortir sans les vélos.

Découvrir Chefchaouen sans les vélos permet de vraiment profiter des lieux.

On parcourt les dédales de ruelles en montant, en descendant sans contrainte. Nous ne regrettons absolument pas notre choix d’avoir laissé les vélos au camping!

Ruelle de Chefchaouen 2

Chefchaouen sans filtre: notre ressenti

Avant d’arriver à Chefchaouen, on avait peur d’être déçus. Il est vrai que les photos qu’on voit font rêver, mais on connaît tous la différence entre Instagram et la réalité. Alors qu’en est-il vraiment pour nous?

Ce qu’on a aimé

Certes, la ville est extrêmement touristique, mais nous n’avons pas été assaillis par des rabatteurs qui souhaitent à tout prix nous voir rentrer dans leur boutique comme ça peut être le cas en Égypte notamment. Les boutiques sont très nombreuses, mais il est laissé au choix de chacun d’y rentrer ou non. Les restaurateurs de la place principale, la place Uta el-Hammam, sont eux un peu plus insistants, tout comme les vendeurs de haschich présents dès la sortie du camping et jusque dans la medina.

Ruelle de Chefchaouen 1

Les photos que l’on voit partout rendent assez bien la beauté de l’endroit. En effet, la quasi-totalité de la médina est bleue, ce qui la rend certes très photogénique, mais aussi vraiment magnifique. C’est clairement l’une des médinas les plus jolies que nous ayons traversées. Nous y sommes allés un dimanche en fin de journée ; les rues étaient bondées. Cependant, le lendemain matin tôt, nous avions la médina presque pour nous seuls et la possibilité de l’apprécier et de l’explorer plus en détail.

Ce qu’on a moins aimé

De notre voyage, Chefchaouen est sûrement l’endroit avec la plus forte concentration de touristes, ce qui impacte fortement la vie des habitants, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. En quelque sorte, la médina n’appartient plus à ses habitants: la ville est tellement touristique que l’on ne s’y sent pas forcément les bienvenus. En effet, contrairement à presque partout ailleurs au Maroc, nous sommes « invisibles ». Les habitants ne nous rendent pas nos bonjours, ils ne nous regardent pas… C’est très étrange après avoir passé 2 mois habitués à l’hospitalité marocaine. (Et aussi, souvent, à être un peu l’objet de l’attention des passants.) On a un peu l’impression de « déranger », oups.

À vélo, l’accès à Chefchaouen est compliqué: il se mérite! Et la traversée de la ville n’est pas beaucoup plus facile: ça monte et descend, parfois en pente très forte. Pour accéder au camping, c’est 100 mètres de dénivelé qui s’ajoutent, avec des pentes raides, vraiment pas facile en fin de journée…

Que voir et faire à Chefchaouen?

L’incontournable, c’est évidemment la médina et ses ruelles bleues. On s’y perd avec plaisir, on lève les yeux, on s’arrête au détour d’une ruelle, on prend des photos (beaucoup)… Il n’y a rien de particulier à y faire, juste flâner et se balader. Ce qu’on a adoré: y aller tôt le matin, avant l’afflux des groupes de touristes. La différence est saisissante — on vous en parlait dans notre ressenti.

La place Uta el-Hammam est le cœur animé de la ville, entourée de cafés et de restaurants. C’est l’endroit idéal pour observer la vie qui passe, attention toutefois aux restaurateurs un peu insistants aux terrasses.

Les alentours de Chefchaouen offrent aussi de très beaux points de vue sur la médina. On a découvert le premier naturellement en arrivant par la R412 : un spot photo panoramique où tout le monde s’arrête — et pour cause, la vue est vraiment belle. Le second, plus inattendu, c’est depuis l’esplanade à côté du camping Azila qui surplombe la ville. Un avantage non négligeable quand on y passe la nuit !

Vue sur Chefchaouen

Les amateurs de randonnée pourront découvrir les cascades d’Akchour à 30 km de Chefchaouen. Nous avons décidé de ne pas nous y aventurer. Après des semaines de vélo, les jambes avaient besoin de relâchement, et nous avons préféré profiter d’un peu de repos avant de reprendre la route.


Chefchaouen est pour beaucoup une étape incontournable lors d’un voyage au Maroc (à vélo ou non). Nichée au cœur des montagnes du Rif, nous n’étions pas certains d’y passer, mais la ville se trouvait finalement (à peu près) sur notre itinéraire pour remonter vers Tanger. Nous avons beaucoup aimé notre visite ; le charme de la ville a aussi fait effet sur nous! On comprend l’aspect « instagrammable ». Il n’en reste que de nombreuses autres villes méritent d’être découvertes au Maroc, sans l’afflux de touristes que connaît Chefchaouen. Par exemple, nous sommes restés ébahis devant la beauté de Tafraoute, dans l’Anti-Atlas.


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Nous, c’est

Laurine et Victor

Anciens consultants à Paris, nous avons tout quitté pour vivre la vie dont nous rêvions: partir à l’aventure et travailler en tant qu’instructeurs de plongée. Ici, on partage nos aventures et le quotidien de notre nouvelle vie.

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