La vallée du Drâa n’était pas une étape prévue. C’est la météo qui nous a poussés à nous y rendre depuis Ouarzazate et à y passer quelques jours. Nous souhaitions éviter la vague de pluie et de froid prévue sur la suite de l’itinéraire que nous avions planifié: la vallée des Roses, les gorges de Dadès et du Todgha. Finalement, nous avons apprécié découvrir cette autre facette du Maroc et ses paysages très différents, même si nous n’avons pas eu que de bonnes expériences…

Notre itinéraire: la descente de la vallée du Drâa

Ouarzazate – Agdz

Principalement pour des raisons de météo, nous avons effectué la portion Ouarzazate – Agdz en bus CTM. Nous avons payé 70 dirhams pour deux (soit environ 7€) plus 50 dirhams pour les vélos (soit environ 5€). Pendant le trajet en bus, nos vélos sont dans la soute, attachés avec des tendeurs. Ça fonctionne assez bien et ils n’ont pas l’air de bouger.

En regardant le paysage, nous ne regrettons pas d’avoir pris le bus. La route vers Agdz, bien qu’en bon état, est assez similaire à ce que nous avions pu traverser sur la fin de l’Anti-Atlas: montagneuse et sombre. C’est une nationale assez passante. Elle consiste en une longue montée avec un pic à 1 600 m, puis une descente assez raide en serpentins. Pas évident à vélo… mais visiblement en bus non plus et il y a eu plusieurs malades…

Agdz – Tamezmoute

Au départ d’Agdz, on emprunte la route nationale et sa piste cyclable qui descend le Drâa. C’est un véritable changement de décor pour nous: il y a des palmiers partout. Après 5 km, on a le choix de rester sur la nationale ou de prendre la plus confidentielle P1519 qui passe par les villages. Nous choisissons la deuxième option, en nous disant que la route sera sûrement plus intéressante et moins passante. En effet, c’est joli: on commence par Tamnougalt, ses kasbahs et son ksar rénovés.

Ksar abandonné, Maroc

Un homme nous propose de la visiter en nous donnant de précieuses informations historiques; malheureusement, il est tard et on cherche un point de bivouac, donc on continue la route. Les villages s’enchaînent, et les ksars aussi. Nombreux sont abandonnés et on peut y entrer pour les découvrir! Certains ksars sont encore (au moins en partie) habités.

En continuant la route, on s’éloigne un peu de la palmeraie, avec des montagnes abruptes sur notre gauche. Après un bivouac dans le lit asséché du Drâa, on décide de rejoindre la nationale car la R1519 s’éloigne beaucoup du fleuve. Il y a différents chemins plus ou moins praticables qui permettent de rejoindre la nationale. La nationale permet d’avancer vite: la route est bonne et il y a toujours une piste cyclable. Cependant, nous avons trouvé le cadre moins joli qu’attendu. Nous avons donc décidé de quitter à nouveau la nationale près de la station-service Afriquia pour reprendre la P1519.

Tamezmoute – Zagora

Après quelques montées-descentes, on arrive sur un grand plateau noir désertique, assez austère avec le brouillard, mais qui doit être splendide avec un temps dégagé. La route évite les villages aux alentours; on ne croise aucun véhicule sur cette portion. Les véhicules réapparaissent lorsqu’on commence à croiser à nouveau des villages en se rapprochant de Zagora. Il doit y avoir une piste non renseignée sur nos applis carto.

Ksar et palmeraie, Maroc

Après une mauvaise expérience (on vous explique plus loin) et une seconde nuit en bivouac, on décide de rejoindre la nationale pour arriver à Zagora. Elle est passante mais a toujours une piste cyclable. En plus, dans ce sens, elle est principalement descendante.

Panneau Tombouctou Zagora, Maroc

Zagora est bien plus étendue que ce que nous pensions! Cependant, à part comme point de départ d’une excursion dans le désert, la ville n’a pas de grand intérêt touristique. On s’arrête tout de même au panneau “Tombouctou 52 jours”, panneau iconique qui rappelle que c’est de Zagora que partaient autrefois les grandes caravanes transsahariennes à destination de Tombouctou au Mali— environ 52 jours de traversée à dos de dromadaire.

Zagora – M’hamid

Nous trouvons les excursions dans les dunes de l’Erg Chigaga au départ de Zagora hors de prix pour le Maroc. Et pour cause! Elles incluent toutes le transport vers M’hamid. On décide alors de pousser à vélo jusqu’à M’hamid. Ensuite, on avisera, dépendamment de si on souhaite ou non voir les dunes. Cependant, après une dizaine de kilomètres, le vent se met à souffler très fort, créant une sorte de tempête de sable. En quelques minutes… On est couvert de sable. Avancer à vélo est extrêmement pénible et épuisant. On décide alors de faire demi-tour étant donné que la météo annonce les mêmes conditions pendant 2 jours. On ne verra pas les dunes pour cette fois… Nous ne le savions pas encore, mais nous aurons la chance de découvrir le désert de l’erg Chebbi à Merzouga, pour pallier cet échec.

Nous sommes ensuite retournés à Ouarzazate en bus. (130 dirhams, soit 13€ pour deux, plus 29 dirhams, soit un peu moins de 3€ par vélo).

Notre ressenti

Quelques mauvaises expériences…

La vallée du Drâa est un endroit particulier, région très pauvre et au tourisme peu développé (il ne profite encore qu’à une minorité) ; les enfants ont peu d’occupations et, pétris d’histoires plus ou moins vraies racontées par certains aînés, ils nourrissent parfois une rancœur envers les touristes. C’est l’endroit où nous nous sommes sentis le moins à l’aise, notamment en présence d’enfants. Selon les zones géographiques, nous avons remarqué que le comportement des enfants changeait énormément à notre égard. Parfois, ce sont de grands signes amicaux : ils nous tapent dans les mains, échangent quelques mots…

Mais d’autres fois, ils ont un comportement beaucoup plus agressif (notamment en l’absence d’adulte marocain à proximité). Dans l’un des villages traversés, une vingtaine d’enfants (des garçons jouant au foot) se sont jetés sur la route en nous voyant. Après que nous avons refusé de leur donner de l’argent ou des bonbons, ils se sont mis à s’agripper agressivement au vélo de Laurine, essayant de tirer ce qui était accroché dessus. En plus de risquer de perdre nos affaires indispensables au bivouac, le plus gros risque était d’être désarçonné et de tomber… Ils n’ont arrêté que lorsque Laurine leur a crié (fort) dessus et qu’ils ont été surpris, lui laissant le temps d’accélérer…

Peu de temps après, d’autres enfants ont lancé des pierres dans notre direction… Nous ne saurons jamais s’ils sont de mauvais viseurs ou si l’intention n’est pas réellement de nous toucher, mais ce n’est jamais agréable… Nous avions déjà eu le cas en traversant la côte atlantique, mais jamais à ce point. Après ces épisodes, nous ne nous sentions vraiment pas en sécurité…

… mais aussi de bonnes rencontres

Heureusement, de bonnes rencontres ponctuent aussi nos journées. On pensera notamment au van qui a ralenti à notre hauteur sur la nationale proche de Zagora et qui nous a donné des dattes. On se sentait tels des coureurs du Tour de France se faisant ravitailler. Après avoir goûté ces dattes excellentes, nous avons pris la décision d’en acheter à Zagora. Elles sont devenues un de nos en-cas favoris sur toute la suite de notre voyage.

On pensera aussi à un homme à vélo croisé à Zagora, puis recroisé après avoir fait demi-tour sur la route vers M’hamid. Nous avons échangé assez longuement sur le bord de la route en plein vent, des banalités au conflit qui démarrait au Moyen-Orient, moment très sympa malgré le thème assez sombre!

Nos adresses pour manger et dormir

De Agdz à Zagora, nous avons dormi en bivouac. C’est assez facile de trouver des points de bivouac dans cette zone: la rivière étant asséchée, son lit fait un lieu de bivouac parfait, à l’abri des regards (vérifier tout de même la météo). Arrivés à Zagora, nous cherchions un hôtel pour passer la nuit. Nos critères étaient simples: décent, abordable, avec possibilité de stocker les vélos. Après avoir fait le tour des hôtels, nous sommes allés à l’hôtel Rose des Sables où nous avons payé 150 dirhams (soit environ 15€) pour la nuit. Il ne faut pas s’attendre à du grand luxe (ni à des matelas confortables, comme partout au Maroc), mais pour une nuit ça nous convenait. L’hôtel est d’ailleurs très grand, mais très peu occupé, assez déroutant.

Pizza Zagora, Maroc

Concernant les repas, nous n’avons mangé qu’une seule fois au restaurant, à Zagora. Nous y étions pendant le Ramadan, et même le soir, la plupart des restaurants locaux étaient fermés. Nous avons donc jeté notre dévolu sur un restaurant touristique: le restaurant Marwa (mal localisé sur Google Maps). Autour de nous, les spécialités marocaines ne nous ont pas visuellement convaincus, tant sur la quantité que sur les prix; nous avons donc décidé de commander des pizzas. Nous les avons trouvées très bonnes, avec de bons ingrédients pour 50 dirhams (environ 5€) la pizza, et une quantité suffisante, une bonne surprise!


La vallée du Drâa a été une étape rajoutée à notre itinéraire. Nous sommes très contents d’y être passés et d’avoir découvert cette portion, même si elle marque quelques déceptions, comme les interactions avec les enfants et l’impossibilité de voir les grandes dunes…

Heureusement, nous avons pu rattraper cette dernière dans la suite de notre voyage à vélo à travers le Maroc.

Palmeraie du Drâa, Maroc


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Nous, c’est

Laurine et Victor

Anciens consultants à Paris, nous avons tout quitté pour vivre la vie dont nous rêvions: partir à l’aventure et travailler en tant qu’instructeurs de plongée. Ici, on partage nos aventures et le quotidien de notre nouvelle vie.

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