On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en préparant notre premier voyage à vélo. Sur la base d’un itinéraire rejoignant nos deux destinations estivales (nos deux familles), avec des sacs pas très optimisés, on voulait découvrir les sensations du voyage lent. On a vite compris que le vélo, c’est à la fois une liberté absolue, mais aussi un tas de petites galères qui rendent au final l’expérience encore plus belle et mémorable.
Le déclic et la préparation de notre premier voyage à vélo
Partir pour son premier voyage à vélo, c’est un vrai défi! L’idée nous est venue en 2023, après plusieurs années à faire le va et vient l’été entre nos parents respectifs. Du Nord Pas de Calais au Sud de la Bretagne, il faut avouer que les trajets en train sont assez peu pratiques et relativement chers. Nous nous retrouvions donc parfois à utiliser la voiture et ces trajets nous faisaient traverser des paysages sans jamais les voir vraiment (surtout pour Victor qui conduit). Alors un jour nous nous sommes dit: « Pourquoi pas essayer de faire en sorte que ce trajet ne soit pas seulement utilitaire, mais devienne un vrai voyage plein de découvertes? »
La solution paraissait évidente. Quel est le meilleur moyen de parcourir une si grande distance en un temps relativement court (congés limités obligent), tout en permettant la libre découverte de notre environnement? Le vélo bien sûr!

Alors nous avons commencé la planification. D’abord, le trajet: l’application que nous avions utilisée n’est aujourd’hui plus disponible, mais Geovelo est très similaire. Il vous permet d’indiquer votre type de vélo, type d’itinéraire préféré, nombre de kilomètres quotidiens à parcourir… Et il vous propose en conséquence un itinéraire sur mesure.
Dormir sur la route
Pour l’hébergement, différents choix s’offraient à nous: hôtel, airbnb, logement chez l’habitant, camping ou bivouac. Nous avons choisi un mix entre ces deux dernières solutions.

Nous avons passé les deux premières nuits en bivouac, et avons continué en camping (pour une première fois sur la route, Laurine souhaitait tout de même un minimum de confort et de sentiment de sécurité). Le camping permet, pour quelques euros, d’avoir accès à des sanitaires et de l’électricité, mais surtout de l’assurance d’avoir un emplacement autorisé et sans mauvaises surprises. On perd cependant en partie l’aspect « roots » excitant du bivouac en pleine nature.
Bien sûr, une nuit dans la nature nécessite d’anticiper les besoins vitaux. L’eau, déjà, est primordiale pour boire, se laver et faire la vaisselle. Petite astuce bien connue des cyclotouristes: avant la fermeture des cimetières, aller remplir vos contenants aux robinets, l’eau y est potable (toujours dans le respect du lieu bien évidemment). Ensuite, la nourriture: nous avions un réchaud et une popote pour faire la cuisine chaude le soir, et achetions pâtes, sauces, oeufs… dans des petites supérettes avant de s’installer pour la nuit. Une grosse surprise du voyage restera la quantité de nourriture engloutie. Avec la perte d’énergie de la journée, on double largement les besoins caloriques.
Les surprises du terrain
Faire du vélo pour le plaisir ou pour aller au travail, et entreprendre un grand trajet sur plusieurs jours d’affilé, ça n’a rien à voir. On s’est vite rendu compte de notre inexpérience, avec quelques surprises:
- Les douleurs qui nous forcent à faire des pauses. On a notamment bien en tête une douleur au dessus du genou, qu’on a tous les deux ressentie lors de notre premier jour, qui a rendu les 20 derniers kilomètres absolument atroces, et nous a fait nous demander si on était vraiment capables physiquement d’un tel projet.
- Les douleurs aux fesses liées à la selle, qui chaque matin se rappellent à nous lorsqu’on monte sur le vélo. (Spoiler alert: on s’y habitue et ça disparait avec les jours qui passent)
- Le dénivelé. Monter une côte à vélo, ça se fait en tirant sur les cuisses. Mais au début, une journée à 700m de dénivelé positif, ça épuise beaucoup, et ça oblige à revoir son nombre de kilomètres à parcourir. Note pour plus tard: ne sous-estimer ni la distance, ni le D+.
- La météo. Un vent fort ou une pluie battante peuvent très vite transformer une journée facile en calvaire aussi désagréable que frustrant. Ayant choisi d’aller du Nord de la France à la Bretagne, on en a un peu souffert.
- Les problèmes d’itinéraires. Si en voiture, une route ou un pont fermé ne coûte souvent qu’un peu de temps et quelques centilitres d’essence, il peut en être tout autre à vélo. On en a souffert à l’approche du pont de Normandie, où un pont fermé non signalé en amont nous a couté un détour de près de 20 kilomètres (les autres itinéraires étant impossible à prendre à vélo), et près d’une demi-journée.
Évidemment, tous ces inconforts font partie de l’expérience et de l’aventure. Sur le moment ce n’est pas très marrant, mais après, ce sont juste des bons souvenirs et une tonne d’anecdotes. Voyager à vélo, c’est tout à fait faisable même sans être de grands sportifs. Il faut simplement être conscient de son niveau, et être flexible sans se sur-estimer.
Liberté et vulnérabilité
Voyager à vélo, c’est être libre. On peut aller où l’on veut, faire des détours, faire des pauses quand on veut… C’est aussi rencontrer des gens, sur la route ou pendant les bivouacs, échanger nos expériences respectives et découvrir leur façon de voyager.
Pour nous, ce premier voyage à vélo nous a aussi permis d’apprécier ce que notre corps est capable de faire et de profiter à fond de chaque moment. Chaque paysage devient beaucoup plus intense car on a le sentiment de les mériter vraiment.
Que du bonheur!
Ce premier voyage a vélo nous a aussi appris l’humilité. Notre corps a ses limites qu’il est important de respecter. Aussi, lorsqu’on est dehors, sur son vélo ou sous sa tente, et qu’il se met à pleuvoir beaucoup ou à faire de l’orage, on se rend compte qu’on est à la merci totale des éléments. A part l’accepter et attendre patiemment, on ne peut rien y faire. On est totalement vulnérables, à l’opposé du cocon artificielle qu’offre l’intérieur d’une voiture. Mais c’est ce qui nous a aidé à nous sentir plus vivants, plus ancrés dans le moment présent.
Ce qu’on retient de notre premier voyage à vélo
Ce voyage a été extrêmement intense. Que ce soit en terme de découvertes ou de paysages, on en a pris plein la vue! On a aussi découvert le bonheur de l’inconfort, ressenti la fierté de l’accomplissement et compris qu’on a qu’une seule envie: recommencer. On a fait quelques erreurs, notamment dans la planification en étant très ambitieux sur la distance (surtout vis à vis du dénivelé), ça nous servira de leçon pour les prochaines fois.
Finalement, notre premier voyage à vélo n’a pas seulement relié deux maisons, il aura été l’initiation pour nous d’une façon de voyager différemment, et de continuer le slow travel.
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