Pédaler le long de la côte atlantique marocaine, c’est la première étape de notre voyage à vélo au Maroc. Sur cette portion, il nous faudra accepter un rythme dicté par les éléments. Le vent peut devenir un allié précieux comme un adversaire redoutable. Les distances paraissent parfois infinies, mais chaque virage révèle un nouveau panorama. On alterne portions sauvages, grandes villes et stations balnéaires animées. On passe par des routes tranquilles et des axes très fréquentés, une merveilleuse première étape de découverte du Maroc.
Dans cet article, nous partageons notre itinéraire étape par étape le long de la côte atlantique marocaine : les villes traversées, les paysages rencontrés, les difficultés, les belles surprises et nos ressentis au fil des kilomètres. Un récit fidèle de ce que représente vraiment un voyage à vélo sur cette portion du Maroc.
De Tanger à Rabat (272km – 1827 D+)
Tanger – Assilah

L’avenue des Forces Armées Royales pour sortir de Tanger est un long plat / faux-plat à plusieurs voies assez larges. Nous n’avons eu aucun problème à vélo ; les voitures s’écartent bien et ont la place de le faire. Très vite, on retrouve la N1, route nationale qui descend jusqu’à Agadir (et même en dessous) et qu’on prendra et quittera plusieurs fois durant notre périple. Cette portion de route est d’ailleurs en parfait état ; ça roule bien et on avance sans encombre. On longe la banlieue commerciale de Tanger, qui ressemble beaucoup aux banlieues des villes de chez nous comme Lille par exemple. Après l’avoir quittée, on rejoint pour la première fois… l’Océan Atlantique!
La route passe assez loin car les zones côtières sont ici très étendues, mais c’est joli. On arrive à Assilah pour déjeuner ; c’est assez touristique mais sympa. Par contre, on se retrouve à devoir traverser le grand souk hebdomadaire pour sortir de la ville… Pas évident quand on n’a pas l’habitude!
Assilah – Larache
On quitte Assilah en direction de Larache. Les paysages sont très différents de ce qu’on imaginait: c’est très vert et vallonné, pas si différent de nos campagnes françaises. À Larache, on ne s’attarde pas et on déjeune sur le pouce sur la place principale en jetant un coup d’œil rapide dans la médina. La ville et sa Kasbah méritaient pourtant qu’on s’y arrête plus longtemps.

En sortant de la zone touristique de Larache, on passe par la banlieue et on se perd un peu. On tombe sur une rue littéralement recouverte de déchets! (Au point qu’on ne distingue pas le revêtement). On finit par faire demi-tour sur les conseils d’un local, mais wow, le contraste est poignant!
Larache – Moulay Bousselham
Après ce détour, on retrouve quelque temps la N1 avant de la quitter de nouveau lorsqu’elle part dans les terres. On suit alors la P440, une petite route traversant un grand espace agricole. Sur la carte, ça ressemble à de grands segments de plusieurs kilomètres, et il faut dire que l’état de la route a changé. Nous n’avons jamais vu autant de nids de poule, et les éviter à vélo n’est pas chose facile. La route est longue, fatigante (surtout à cause du vent de face), mais culturellement assez intéressante bien qu’un peu monotone. On quitte enfin cette route pour faire un petit détour pour dormir dans un camping à Moulay Bousselham. La ville est connue pour sa lagune aux trésors ornithologiques, mais on arrive un peu trop tard dans la saison.
Moulay Bousselham – Rabat
La route depuis Moulay Bousselham est assez plate jusqu’à arriver à Kénitra. (Qu’on avait identifiée comme une petite ville de banlieue lointaine de Rabat). On passe par beaucoup de villages ruraux où les gens nous encouragent, nous saluent, nous klaxonnent et où les enfants nous aclament un peu. Ça fait chaud au cœur ! On a trouvé l’arrivée par la zone industrielle de Kénitra assez glauque et nous n’avions pas relevé d’intérêt particulier pour la ville.

Proche de Rabat, on décide de passer par la forêt pour éviter le vent ; la route est très jolie!
On passe notamment dans le tout petit village de Sidi Ettaib Bled Dendou, paumé au milieu de la forêt. Il y a un nombre impresionnat d’enfants, qui s’arrêtent systématiquement de jouer au foot pour venir nous voir, nous saluer, nous taper dans la main. C’est assez poignant comme endroit sans qu’on sache trop dire pourquoi…
On retrouve la N1 sur laquelle on déjeune dans une sorte de carrefour commercial. Pour tenter d’éviter le vent (sans grand succès), on prend un boulevard parallèle qui nous fait passer dans la banlieue de Rabat. On oscille entre villas en construction et grands espaces verts très sympas. La route nous fait longer les remparts de la médina de Salé avant de traverser le pont Hassan II (via une piste cyclable, empruntée par tout type de 2-roues) et d’enfin arriver à la médina de Rabat, où l’on passera 2 nuits.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Rabat
De Rabat à Casablanca (94 km – 482 D+)
Cette portion pourrait se faire en 1 grosse journée, mais avec le très fort vent de face, nous l’avons faite en 2 jours difficiles.
La N1
Sur cette portion, il y a le choix entre la N1 et la route côtière. Pour tenter de minimiser le vent (toujours sans grand succès), nous avons emprunté la N1 le premier jour. En sortie de Rabat, la route n’est pas facile à suivre: il y a peu de panneaux. On imagine que l’objectif est de pousser à prendre l’autoroute, mais pour nous ce n’est évidemment pas envisageable. On passe devant le stade de Rabat puis à travers des zones assez urbaines mais avec piste/bande cyclable. Il y a beaucoup de passage, donc on respire du pot d’échappement. Puis des travaux sur 5 km rendent la route gadoueuse et étroite, avec des voitures quasiment à l’arrêt. Bref… un peu galère!
On bivouaque un peu après dans la forêt du passage de l’Oued Charat, près d’une bergerie abandonnée et en ruines. C’est un petit havre de paix à l’abri du vent et de la route. On a même vue sur l’oued inondé en contrebas.
La route côtière
Après cette première journée compliquée et le vent s’annonçant un peu moins fort, on décide de bifurquer sur la route côtière. Il faut avouer qu’elle est plus jolie et intéressante. En approchant de Casablanca, on passe devant de multiples projets de construction de résidences privées, et d’immeubles, avec un bureau d’accueil/de vente par immeuble. On en voit à tous les stades de construction ; certains semblent même abandonnés. À environ 15 km de Casa, c’est une ville qui sort de terre via le projet Zenata Eco-city… Ça fait très bizarre. Point positif pour nous : il y a une piste cyclable très agréable, mais uniquement le long de cette ville en construction.
On arrive ensuite dans la banlieue de Casablanca avant d’entrer dans la ville. La circulation y est plus chaotique qu’à Rabat. On se dirige vers la médina où on a décidé de dormir. Elle aussi est plus agitée et chaotique que celle de Rabat.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Casablanca
De Casablanca à Safi (243 km – 1326 D+)
Casablanca – El Jadida

Après deux nuits à Casablanca, on repart direction Safi. Casa est baignée dans une sorte de brume, et on décide de prendre la corniche. On roule pendant plusieurs kilomètres sur une piste cyclable en bon état en bord de mer. C’est très agréable.
La suite est assez urbaine mais toujours sur une route agréable malgré une crevaison à cause d’un clou de chantier… La route est facile et on bivouaque en bord de mer, magique! Le lendemain, on parcourt les 10 kilomètres qui nous séparent d’El Jadida, notre arrêt touristique de la journée. On a beaucoup apprécié cette visite!
👉 Retrouvez ici notre article dédié à El Jadida
El Jadida – Oualidia
En quittant El Jadida par la route côtière, on découvre à Jorf Lasfar des zones qu’on a trouvées très intéressantes bien qu’évidemment non touristiques. On est entouré de gros méthaniseurs, d’un port industriel et de centrales thermiques… Ce sont des paysages qu’on ne voit pas tous les jours. On se rééloigne peu à peu de la mer et on retrouve une zone certes rurale, mais avec de petites exploitations agricoles et des gens partout. Entre la route et la mer, il y a une sorte d’immense lagune (ou wetland) autour de laquelle il est, semble-t-il, interdit de bivouaquer. Elle s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui ne nous facilite pas la tâche pour passer la nuit. On s’arrête donc à 15 kilomètres d’Oualidia. On parcourra difficilement cette portion le lendemain à cause d’une météo extrêmement défavorable. La ville est connue pour sa lagune et nous l’avons trouvée très peu fréquentée en hors saison.
Oualidia – Safi
Depuis Oualidia, on décide de suivre la route côtière plutôt que celle qui coupe les champs. La route suit la ligne de crête avec la falaise sur notre droite et les champs en contrebas sur notre gauche. C’est absolument magnifique; d’un côté les plages à perte de vue et la mer déchaînée (fort vent oblige), et de l’autre les plaines vertes et fleuries…

On commence à apercevoir de petites parcelles de terrain séparées par des murs de cailloux. On en croisera de temps en temps sur plusieurs dizaines (centaines?) de kilomètres par la suite. Après réflexion, on suppose que c’est lié au fort vent dans la zone qui empêcherait l’herbe de pousser sans ces murs, et donc les troupeaux de paître. La route est en bon état, sauf les portions en travaux couvertes de graviers et de terre. On traverse des villages et un grand plateau à 100 m d’altitude où les arbres sont penchés tellement ils sont ravagés par le vent (habituellement dans la direction opposée) jusqu’à Sidi Bouzid au nord de Safi où on fera une journée de pause.
De Safi à Essaouira (130 km – 1182 D+)
En quittant Safi par la côte, on arrive vite dans une sorte de cuvette qui est une grande zone avec des stations thermiques. Ce n’est pas très beau et pas super odorant… Mais on a la mer juste à notre droite (bon… derrière les barbelés). Il y a des travaux, mais on peut emprunter à vélo la route fermée qui est pentue mais magnifique ; on est seuls au monde! La route a vraiment l’air taillée dans la roche.

Très vite, on retrouve une route sur la crête qui est elle aussi très jolie, puis un enchaînement de montées et descentes parfait pour les cyclistes. On est vraiment au bord de la mer. Ça commence à ressembler vraiment aux paysages qu’on avait en tête avant de partir.
Il y a beaucoup de montées et de descentes sur cette portion pas toujours simple. On arrive enfin à Essaouira pour une pause courte, mais immanquable.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Essaouira
D’Essaouira à Agadir (176 km – 1867 D+)
Cette portion est de loin la plus jolie à traverser à vélo, mais aussi la plus vallonnée. La route entre Essaouira et Agadir passe loin de la mer, à travers des vallées splendides.
Par temps clair, il est même possible d’apercevoir au loin les montagnes (enneigées lors de notre passage) du Haut Atlas, un spectacle inoubliable. Une fois descendus près de la mer, ça grimpe moins et on découvre des panoramas magnifiques sur les plages de sable fin et les spots de surf.

La circulation se densifie à l’approche d’Agadir, mais il y a toujours un bas-côté (ou une bande d’arrêt d’urgence) qui sert de piste cyclable. En sens inverse (d’Agadir vers Essaouira), la montée depuis l’océan est raide et longue ; attention à bien prévoir en amont, car impossible d’y dormir.
Point négatif: sur la portion entre Essaouira et l’aéroport d’Essaouira, la route est très passante. C’est une 1 voie dans chaque sens, le bas côté est très rocailleux, donc pas très agréable à vélo. Il faut faire attention au trafic!
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Agadir
Parcourir la côte atlantique à vélo a été la première étape de notre voyage à vélo au Maroc. Nous avons vécu des moments forts et pas toujours faciles (merci la météo), autant physiquement que mentalement. Mais quel spectacle!
La côte atlantique a été pour nous une immersion progressive dans des paysages changeants, des ambiances différentes et un Maroc parfois loin des clichés. Cette portion de l’itinéraire s’inscrit dans une aventure plus vaste: un voyage à vélo à travers le Maroc.
L’étape suivante sera la traversée de l’Anti-Atlas à vélo.

Laisser un commentaire