Préparer un voyage à vélo au Maroc demande un minimum d’organisation, surtout lorsqu’on s’aventure sur des routes peu fréquentées ou en autonomie. Au fil des kilomètres, on se rend compte que le téléphone devient un véritable outil de voyage : pour s’orienter, trouver un endroit où dormir, vérifier la météo ou simplement s’adapter aux imprévus.

Pendant notre traversée du Maroc à vélo, nous avons testé plusieurs applications, certaines très connues, d’autres plus spécifiques au voyage itinérant. Dans cet article, on partage les applications que nous avons réellement utilisées sur le terrain. Elles nous ont fait gagner du temps, éviter quelques galères… Et voyager plus sereinement.

Navigation et itinéraires à vélo

Lors de la planification du voyage, nous nous sommes rendus compte que la plupart de nos applications GPS habituelles ne supportaient pas les itinéraires à vélo. Ni Google Maps ni Geovelo ne sont capables de tracer des itinéraires cyclables au Maroc. Nous avons donc utilisé différentes alternatives. Maps.me d’abord que nous avions déjà utilisé mais la limitation en nombre de cartes téléchargées dans la version gratuite nous aurait obligés à changer d’application en cours de route.

Capture d'écran application Organic Maps

Nous avons donc préféré utiliser principalement Organic Maps. L’application basée sur les cartes OpenStreetMap s’est montrée très complète pour le Maroc et est assez efficace pour le tracé des trajets vélo. Le principal défaut que nous avons relevé est la méconnaissance par l’algorithme de la réalité du terrain de certaines routes. Les itinéraires proposés nous ont plusieurs fois entrainés vers des chemins ou ruelles très difficilement praticables à vélo. Heureusement nos montures sont solides et il y a la plupart du temps des options plus praticables. Nous avons aussi pu remarquer qu’Organic Maps est très réticent à proposer les routes nationales à vélo malgré leur très bon état. Pour les longs trajets, nous avons souvent ignoré les petites routes en détour proposées pour privilégier les routes nationales.

Une caractéristique importante d’Organic Maps, comparé à Google Maps par exemple, est d’être utilisé hors ligne. Les cartes sont téléchargées à l’avance et l’utilisation n’est pas reliée à internet. C’est bien évidemment une force pour un tel voyage, mais cela présente aussi quelques inconvénients. L’application ne donne aucune information sur le trafic et les changements temporaires lui sont inconnus. Dans certaines zones il vaut donc mieux vérifier certains itinéraires proposés.

En plus d’Organic Maps, nous utilisions aussi, au cas par cas, Google Maps, iOverlander (qui représente mieux les bâtiments en zone rurale), Rome2Rio qui propose des alternatives au vélo, AllTrails et Komoot pour les chemins moins balisés.

Trouver un bivouac ou un logement

Nos applications pour trouver un bivouac

Trouver un lieu de bivouac au Maroc peut être très simple… ou bien plus compliqué selon les régions. Dans les zones désertiques, les possibilités sont nombreuses, mais dès que l’on se rapproche des zones habitées, cela demande un peu plus d’anticipation. Nous commencions généralement à chercher un spot de bivouac au moins une heure avant de vouloir réellement nous arrêter, et bien avant le coucher du soleil.

Bivouac dans l'Anti-Atlas, Maroc

Pour repérer en amont les zones potentielles, nous utilisions Google Maps en mode satellite. Cela permet de visualiser rapidement l’environnement : zones inhabitées, relief, végétation, endroits abrités… Évidemment, une fois sur place, tout n’est pas toujours exploitable, mais cela reste une excellente base pour trouver un coin où dormir.

L’application iOverlander nous a également souvent aidés à trouver des points de bivouac. Il s’agit d’une application collaborative où les voyageurs indiquent les lieux où ils ont passé la nuit (bivouac en tente ou camping-cars, campings, ou même hôtels). Bien sûr, il est important de faire preuve d’esprit critique et de ne pas suivre aveuglément les conseils d’autres voyageurs.La situation a pu changer depuis leur passage. Dans la même veine, l’application Park4Night (plutôt axée camping-cars, mais aussi pour l’instant plus fournie) indique également des points où passer une nuit.

👉​ Pour aller plus loin, nous détaillons notre expérience complète dans notre article sur le bivouac au Maroc.

Nos applications pour trouver un logement

Lorsque nous avions envie de plus de confort, nous utilisions les plateformes classiques: Google Maps, Booking et AirBnb. Cependant, au Maroc, beaucoup d’hébergements ne sont pas référencés en ligne. Ces établissements, souvent destinés à une clientèle locale, sont généralement moins chers et fonctionnent sans réservation.

Surtout en basse saison, nous n’avons eu aucune difficulté à arriver dans une ville et faire le tour des hôtels . Ils avaient tous des chambres libres ; et cela nous permettait de comparer les prix et la qualité des chambres. Cela nous a par exemple permis de trouver une chambre avec salle de bain privée pour moins de 12€ la nuit à Tafraoute, alors que les applications n’indiquaient rien à moins de 25€.

Suivre la météo et le vent

À vélo, la météo peut avoir un impact énorme sur une journée. De notre côté, nous utilisions Accuweather, Météo Radar et Weather Underground pour suivre les prévisions de température et de pluie. Nous avons traversé le Maroc en hiver, donc nous étions surtout attentifs aux températures, notamment la nuit, ainsi qu’à la pluie. En été, la problématique est différente : la chaleur en milieu de journée peut vite devenir difficile à gérer, et il peut être nécessaire d’adapter ses horaires.

S’il y a bien un élément que nous avions sous-estimé avant de partir, c’est le vent. Surpris de découvrir que Windfinder ne fonctionne pas au Maroc, nous utilisions Windy pour anticiper sa direction et son intensité, et c’est devenu un outil indispensable. Le vent a été l’un des principaux défis de notre voyage, principalement le long de la côte Atlantique. Dans certaines conditions, il devenait même impossible d’avancer normalement à vélo. L’anticiper permettait d’éviter les journées éprouvantes.

Trouver de l’eau et des ravitaillements

Au Maroc, il est souvent possible de trouver de l’eau directement sur le bord des routes ou dans les villages. Dans la plupart des cas, cette eau est potable, mais nous préférions la filtrer par précaution avec notre gourde filtrante LifeStraw. Pour anticiper les points d’eau, nous utilisions principalement iOverlander et Park4Night. All Trails, Komoot et Organic Maps nous ont aussi parfois permis de nous ravitailler. Cependant, il faut garder en tête que certains points indiqués peuvent être à sec ou ne plus être accessibles.

Victor devant un magasin d'alimentation, Maroc

Pour la nourriture et l’eau, il est très facile de se ravitailler dans presque tous les villages. On y trouve de petites épiceries, parfois référencées sur Google Maps, Organic Maps ou iOverlander. On peut y acheter des bidons de 5 litres d’eau pour environ 13 dirhams (environ 1,30 €), ainsi que les produits de base : pain, pâtes, riz, sauce tomate… tout le nécessaire pour cuisiner simplement en itinérance.

⛽​ Les stations services: solution de secours

En dernier recours, les stations-service offrant le service de lavage des voitures ont de l’eau à disposition. On l’utilise plutôt pour la lessive ou la vaisselle car même avec la gourde filtrante, l’eau a un goût assez fort et désagréable.

Communiquer et se faire comprendre

Au Maroc, la communication est généralement assez simple, surtout dans les zones touristiques ou les grandes villes. Beaucoup de Marocains parlent très bien français, ce qui facilite largement les échanges au quotidien.
L’anglais est également compris, notamment chez les plus jeunes, qui l’ont souvent appris à l’école ou via les réseaux sociaux.

Dans les régions plus isolées, il est fréquent que certaines personnes parlent uniquement darija ou des langues amazigh, deux langues que nous maîtrisons très peu. Dans ces situations, la communication devient plus limitée, surtout avec des alphabets différents.

Nous utilisions régulièrement Google Translate pour nous faire comprendre. Bien que l’application ne supporte ni la darija marocaine, ni les langues amazigh, les gens comprennent souvent suffisamment l’arabe classique pour que l’on arrive à se comprendre.
L’application permet de parler et traduire les phrases, ce qui facilite l’échange. Les traductions ne sont pas toujours parfaites, mais elles sont généralement suffisantes pour comprendre l’essentiel et réussir à échanger des informations simples.


Au fil du voyage, ces applications sont devenues de véritables alliées au quotidien. Que ce soit pour trouver notre route, un endroit où dormir, anticiper la météo ou simplement communiquer, elles permettent de gagner du temps et d’éviter pas mal de galères.

Cela dit, elles ne remplacent pas l’adaptation sur le terrain. Au Maroc, certaines informations peuvent être incomplètes ou rapidement obsolètes. Il faut donc toujours garder un esprit critique et savoir s’ajuster en fonction de la réalité.

Pour préparer au mieux ton voyage, tu peux compléter cet article avec :


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Nous, c’est

Laurine et Victor

Anciens consultants à Paris, nous avons tout quitté pour vivre la vie dont nous rêvions: partir à l’aventure et travailler en tant qu’instructeurs de plongée. Ici, on partage nos aventures et le quotidien de notre nouvelle vie.

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