Voyager à vélo au Maroc soulève pas mal de questions avant de partir. Entre la circulation, l’insécurité perçue et les idées reçues sur le pays, il est normal de se demander si l’on ne prend pas de risques inutiles. Nous avons traversé une partie du Maroc à vélo pendant plusieurs semaines, en alternant routes fréquentées, pistes isolées et bivouacs en pleine nature.
Notre constat est assez clair : le Maroc est globalement un pays sûr pour voyager à vélo, à condition d’adapter sa façon de voyager. Dans cet article, on partage notre expérience sur la sécurité lors d’un voyage à vélo au Maroc : la route, les rencontres, le bivouac, les situations à éviter… et surtout nos conseils pour voyager sereinement.
Sécurité à vélo sur la route au Maroc
Partager la route avec les automobilistes
Nous avons globalement été très agréablement surpris par le comportement des conducteurs marocains à notre égard.

Dans la majorité des cas, les véhicules s’écartent et prêtent attention aux cyclistes. Les coups de klaxon sont fréquents, mais ils servent surtout à signaler leur présence ou à nous encourager, plutôt qu’à exprimer de l’agacement.
Les Marocains ont l’habitude de partager la route avec deux-roues, charrettes ou piétons. Même sur des routes parfois étroites, les automobilistes sont enclins à ralentir et s’adapter. Il arrive que certains véhicules, notamment des taxis, passent à vive allure près de nous, mais cela reste ponctuel.
Gérer la circulation
Dans les zones urbaines, la circulation peut être dense, notamment sur la côte Atlantique ainsi qu’à l’approche des grandes villes. Cette densité s’accompagne souvent de routes plus larges, avec plusieurs voies, ce qui permet de trouver sa place plus facilement. Nous ne nous y sommes pas sentis particulièrement en danger, même si cela demande évidemment plus d’attention.
À l’inverse, dans certaines régions comme l’Anti-Atlas ou la vallée des Roses, nous avons parfois eu la route presque entièrement pour nous. Ces portions plus calmes sont idéales à vélo et offrent un vrai sentiment de liberté. Dans la vallée du Drâa, nous avons même trouvé une piste cyclable longeant la route nationale — une exception encore assez rare au Maroc.

L’état des routes
L’état des routes est globalement bon au Maroc, surtout sur les axes principaux comme les routes nationales. En revanche, sur les routes secondaires, la qualité peut être très variable. On passe parfois d’un revêtement impeccable à une chaussée dégradée en quelques kilomètres : nids de poule, sable ou boue sur la route… Il y a aussi en permanence énormément de portions en travaux dont le revêtement est quasi toujours très mauvais.
À vélo, cela peut rapidement compliquer la progression, voire devenir dangereux si l’on ne reste pas vigilant. Heureusement, notre matériel était adapté, et nos Riverside Touring 520 ont bien encaissé ces conditions.
Sécurité vis-à-vis des personnes
Dans l’ensemble, la quasi-totalité des interactions que nous avons eues avec les Marocains ont été très bienveillantes.
Le cyclotourisme attire la curiosité, et il est fréquent que des personnes s’arrêtent pour échanger avec nous ou nous poser des questions sur notre voyage.
Beaucoup de Marocains parlent français, ce qui facilite grandement les échanges. Et même lorsqu’il y a la barrière de la langue, la communication passe souvent par des sourires, des gestes ou quelques mots partagés.
Des situations parfois déstabilisantes
Comme dans tout voyage, il nous est arrivé de vivre quelques moments d’inconfort.
Une première chose que l’on remarque très vite en tant qu’Européens voyageant au Maroc, c’est que les Marocains n’ont pas du tout les mêmes considérations d’espace personnel que nous. Ainsi, le regard n’est pas considéré comme intrusif. Quasiment partout, nous nous sentions fixés avec insistance par presque tout le monde. C’est déstabilisant au début mais on s’y habitue après quelques jours. Il n’est pas non plus anormal pour les Marocains de rester sans rien dire près de nous et de nous suivre parfois longtemps. Quelquefois en fin de journée, notamment lors de la recherche d’un bivouac, nous nous sommes fait suivre sur quelques kilomètres, à vélo ou en mobylette. Sur le moment, c’est déstabilisant et inquiétant, surtout lorsque la communication est difficile et que l’on cherche simplement un endroit tranquille pour dormir.
Avec le recul, nous avons compris qu’il ne s’agissait pas de malveillance, mais plutôt de curiosité ou d’une forme de vigilance locale.
Les interactions avec les enfants
C’est avec les enfants que les situations ont été les plus contrastées. La plupart du temps, les échanges sont très positifs : encouragements, sourires, gestes amicaux… des moments spontanés et chaleureux.
Mais dans certains cas, notamment en groupe et en l’absence d’adultes, les comportements peuvent changer. Certains enfants (presque systématiquement les garçons) réclament des bonbons, de l’argent ou des stylos, parfois de manière agressive. L’effet de groupe peut amplifier la situation. Cela mène parfois jusqu’à des lancers de cailloux, des tentatives d’arracher du matériel de nos vélos ou même de nous désarçonner,… Cela reste minoritaire, mais suffisamment marquant et inquiétant pour être mentionné.
💡 Nos astuces pour éviter les situations inconfortables
– éviter les traversées de villages ou les abords d’écoles aux heures de sortie d’école
– désamorcer rapidement en amont les situations avec un mot ou une salutation en arabe (“Salam, labas ?”)
– se rapprocher d’un adulte en cas de doute : cela calme immédiatement la situation
Malgré ces quelques situations, notre expérience reste très positive. Les rencontres font partie intégrante du voyage à vélo au Maroc, et elles sont, dans leur immense majorité, simples, chaleureuses et bienveillantes.
Sécurité la nuit

La question de la sécurité la nuit revient souvent lorsqu’on envisage un voyage à vélo au Maroc. De notre expérience, nous nous sommes globalement sentis en sécurité, y compris en dormant dehors. Nos nuits se sont déroulées sans aucun problème, souvent dans des endroits isolés et très calmes.
Cela dit, la nuit reste un moment où il faut être un peu plus attentif. Chercher un endroit pour dormir dans l’urgence, arriver après la tombée de la nuit ou s’installer trop près d’une zone habitée peut rapidement rendre la situation plus inconfortable.
👉 Nous détaillons tout cela, notre expérience complète dans notre article dédié au bivouac au Maroc.
Notre avis sur la sécurité après 2 500 km à vélo au Maroc
Certes, nous avons parfois rencontré des situations stressantes, inquiétantes et inconfortables. Mais cela représente une portion minime de notre temps au Maroc. Ce que nous retenons aujourd’hui, ce sont surtout les 99 % de positif : des moments forts, des paysages incroyables et des rencontres marquées par une bienveillance et une hospitalité qui nous ont profondément touchés.
Le Maroc est un pays exceptionnel. Les Marocains sont chaleureux, accueillants et ont un sens de l’hospitalité qui dépasse largement ce que nous avions connu auparavant. Nous avons adoré ce voyage à vélo au Maroc, et nous repartirions sans hésiter.
Voyager à vélo au Maroc demande un peu d’adaptation, mais a été pour nous une expérience sûre et magique. Avec du bon sens, un peu d’anticipation et une capacité à s’adapter, on profite pleinement du voyage.
Pour compléter cet article, retrouve notre itinéraire complet au Maroc!
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Tous les produits présentés ont été choisis en toute indépendance et ont été testés lors de nos voyages.

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