Arriver à Tanger a été notre premier contact concret avec le Maroc lorsque on y est arrivé sans avion pour voyager à vélo! Après une longue traversée en ferry depuis Barcelone, nous avons enfin mis les pieds sur le continent africain avec nos vélos chargés. L’excitation était mêlée à un peu d’appréhension… Comment allait se passer notre première étape dans cette ville et ce pays que nous ne connaissions pas ? Dans cet article, nous vous racontons notre découverte de Tanger, les premières sensations marocaines, les visites, la logistique des vélos et les leçons pratiques que nous avons tirées de cette première étape marocaine.
Arriver à Tanger à vélo
Il est bien sûr possible d’arriver à Tanger par les airs, mais nous préférons éviter l’avion. Nous sommes donc arrivés à Tanger via un ferry depuis Barcelone, suite à 31 heures de traversée. Vous pouvez également prendre le ferry depuis le sud de l’Espagne (Algésiras ou Gibraltar), pour une traversée d’environ 1 h 30.
Dans tous les cas, le ferry arrive à l’immense complexe maritime de Tanger Med, qui est à 50 km à l’Est de Tanger. Attention donc, ce n’est pas immédiat pour se rendre en centre-ville et il faut donc prendre ce point en considération dans la préparation d’un voyage. En voiture ou à pied (en prenant un taxi), ce n’est pas très compliqué… mais à vélo 50 kilomètres rajoutent vite une journée de trajet!
Nos premières impressions de la ville
En arrivant à Tanger par l’Est, on ne se sent pas vraiment dépaysés. La périphérie de la ville dans cette zone proche de la mer est assez similaire à ce dont on a l’habitude en France. Les grands boulevards sont bien entretenus et la corniche est jolie et bien aménagée. La circulation est dense, mais on est agréablement surpris de la conduite marocaine. Les doubles voies ou triples voies aident, mais les automobilistes sont pour la plupart prudents lorsqu’ils nous dépassent à vélo.

C’est en s’enfonçant dans la medina que l’on découvre soudainement une ville différente des habitudes européennes. Premier constat: les marchés aux poissons et à la viande sont beaucoup moins « aseptisés » que dans les villes françaises. On passe à côté de carcasses, de têtes de vache (pas les crânes hein, les têtes)… On découvre aussi les marchands d’épices et d’olives… miam! La médina, elle, a bien le style d’un centre-ville arabe tel qu’on se l’imagine: immense, avec des rues parfois très étroites, c’est un vrai labyrinthe!
Se loger à Tanger (avec les vélos)
La ville de Tanger est assez étendue et a de nombreuses possibilités d’hébergement. Les prix grimpent assez vite, mais il y en a pour tous les budgets. Hors saison, beaucoup de logements sont libres et nous n’avions donc pas réservé à l’avance. Avec la contrainte des vélos et pour la première nuit, nous voulions nous assurer de savoir les vélos sécurisés.
Nous avons repéré sur Maps quelques hébergements et nous nous y sommes rendus pour discuter de vive voix. Nous avons trouvé dans un quartier moderne de la ville un tout petit peu excentré sans être trop loin. Pour 25€ par nuit, nous avions une chambre avec un lit, un lavabo, des toilettes et un pommeau de douche. C’est tout. Pas de meuble et… pas d’eau chaude. La salle de bain est très humide (pas de rideau de douche, pas de bac de douche…), et il y a quelques traces de moisissure. Ce n’est pas le grand luxe mais ça fait le taff. Gros point positif pour nous, nous pouvions rentrer les vélos à l’intérieur de la chambre. Ça semble être assez accepté au Maroc, et très rassurant pour nous!
Visite de Tanger
Nous avons commencé la visite de Tanger en prenant la direction de la médina, pour bien ressentir l’âme de la vieille ville.
Avant 10 h, toutes les petites boutiques sont fermées et la médina est presque vide, parfait pour une visite intimiste à un rythme plus doux. En y revenant quelques heures après, on découvre un tout autre visage: de l’animation, de l’effervescence et plein de couleurs.

Depuis la Kashbah, on découvre un panorama sur le port, le détroit de Gibraltar et la côte espagnole. Le port (par lequel nous ne sommes pas arrivés…) et la corniche offrent un autre visage de Tanger, plus calme, plus reposant, mais exposé au vent de mer.
👉 Les endroits à ne pas manquer
– Petit Socco : charmante petite place au cœur de la médina, parfaite pour prendre un café et observer la vie quotidienne.
– Musée de la Kasbah / Musée de Tanger : permet de découvrir l’histoire de la ville et sa richesse culturelle.
– Marchés et souks : super pour découvrir les produits locaux et flâner.
Conseils pratiques pour une première étape au Maroc
Récupérer des dirhams
La monnaie au Maroc est le dirham (1€ = 10,5 dirhams environ lors de notre séjour). Nous avions échangé 50€ à Paris, histoire d’avoir un peu de monnaie en arrivant. Ensuite, on peut retirer de la monnaie dans n’importe quel ATM. Attention, il y a des frais: environ 30 à 40 dirhams selon les banques, qui s’ajoutent aux frais éventuels de votre banque.
Avec Revolut, nous pouvons retirer l’équivalent de 200€ par mois gratuitement, puis nous payons 1€ par retrait.
Achat d’une carte SIM
Lors de notre arrivée à Tanger Med, nous avions pris une carte SIM inwi. L’objectif était d’avoir internet jusqu’à Tanger, afin de rassurer nos proches. Elle nous a coûté 20€ pour 48 gigas pendant 1 mois.
En arrivant à Tanger, nous avons décidé d’opter pour une deuxième carte SIM Maroc Télécom cette fois, qui a une bien meilleure couverture dans les zones rurales. En nous rendant dans une boutique Maroc Télécom (il y en a plusieurs à Tanger), nous avons payé 20 dhs (2€) pour la carte SIM + 50 dhs (environ 5€) pour 10 gigas.
Organisation dans Tanger avec les vélos

Rouler à vélo dans la ville est OK, mais attention car ça grimpe beaucoup! Dans la medina cependant, les rues sont vraiment très étroites et il y a beaucoup de monde. Mieux vaut la visiter sans les vélos.
Nous avons pu rentrer les vélos dans notre logement pour les nuits, ce qui nous rassurait beaucoup. Par contre, il n’y avait pas d’ascenseur, donc il a fallu les monter à la force des bras.
Tanger est-il un bon point de départ pour commencer un road trip à vélo?
Notre transition entre la France et le Maroc a été plutôt douce grâce à notre arrivée à Tanger, le dépaysement ne s’est pas fait brutalement. C’est aussi l’occasion de choisir l’itinéraire:
- Longer la côte Atlantique vers le sud pour passer notamment dans les villes touristiques de Rabat et Casablanca jusqu’à Agadir, et profiter des vues sur l’océan Atlantique.
- Grimper directement vers les montagnes du Rif, vers Chefchaouen puis Fès.
Nous avons décidé d’opter pour la première solution pour plusieurs raisons. La première: même en étant sportifs, nous n’avions pas fait de vélo depuis longtemps et préférions commencer par un itinéraire plutôt plat et « facile » avant d’aller vers la difficulté. La deuxième? Lors de notre arrivée en janvier, ils annonçaient de la neige en altitude, et nous ne sommes clairement pas équipés pour cela, peut-être que nous retrouverons le Rif vers la fin de notre itinéraire au Maroc?
Notre première étape à Tanger a parfaitement lancé notre road trip à vélo au Maroc. À Tanger, nous avons commencé à comprendre le rythme du Maroc, apprendre à gérer la logistique de nos vélos, et nous nous sommes préparés pour les étapes suivantes de notre itinéraire. Cette première expérience a posé les bases de tout notre voyage et nous a donné confiance pour la suite.
Si vous voulez prolonger la lecture, vous pouvez aussi consulter :
- Aller au Maroc sans avion, pour comprendre notre démarche et notre itinéraire complet
- Ferry GNV de Barcelone à Tanger : notre retour d’expérience, pour tout savoir sur la traversée et la gestion des vélos
- Notre itinéraire sur la côte atlantique
Tanger a été une étape courte mais intense. Cela a confirmé que voyager lentement à vélo était parfait pour commencer notre aventure marocaine.

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