Après avoir quitté Ouarzazate, nous entamons l’une des plus belles portions de notre voyage à vélo au Maroc. Cet itinéraire nous emmène à travers des lieux emblématiques du sud marocain : la Vallée des Roses, les impressionnantes Gorges du Dadès, puis les spectaculaires Gorges du Todgha (ou Todra). Entre routes sinueuses, falaises abruptes et villages nichés au fond des vallées, chaque étape offre une ambiance différente.
À vélo, cette partie du parcours est aussi exigeante que spectaculaire. Les montées s’enchaînent, les kilomètres se méritent, mais les paysages donnent envie de s’arrêter à chaque virage. Une portion intense, variée et sans doute l’une des plus marquantes de notre itinéraire.
📊 Fiche technique de notre itinéraire dans le Sud marocain:
– Dénivelé: 3762 m D+
– Point culminant: 2 600 mètres d’altitude (entre Msemrir et Tamtetoucht)
– Revêtement: Majoritairement goudronné, mais présence d’une piste en terre très caillouteuse de 12 km après Bou Thirar et routes non goudronnées dans la palmeraie de Skoura.
– Type de vélo conseillé: Vélo de voyage solide avec des pneus larges (ou gravel/VTT)
De Ouarzazate à la vallée des Roses (112,1 km – 1026 D+)
De Ouarzazate à la palmeraie de Skoura à vélo

Nous quittons Ouarzazate sous un ciel dégagé, ce qui nous donne la possibilité d’admirer les sommets enneigés du Haut Atlas. La N10 vers Skoura nous fait penser à l’idée qu’on se fait de la route 66 aux États-Unis, majestueuse, et avec les montagnes en toile de fond. Large, elle roule bien avec des montées et descentes.
Un peu avant Skoura, on s’écarte de la ville pour s’enfoncer dans la palmeraie. Impossible avec un vélo de route, car les routes sont non goudronnées, caillouteuses et terreuses. Au cœur de la palmeraie, on traverse en fait un village rural ininterrompu: une succession de petites parcelles cultivées, avec des habitations, parfois dans des ksars plus ou moins en ruines. On pousse jusqu’à la Kasbah Amridil, très jolie et amusante avec ses 2 entrées: l’entrée principale et l’entrée officielle. Les deux coûtent 30 dirhams et la séparation est en fait liée à une querelle de succession…
La palmeraie est très intéressante, mais impossible d’y bivouaquer car ce sont des propriétés privées, on s’éloigne alors de quelques kilomètres pour passer la nuit.
De Skoura à l’entrée de la vallée des Roses
En quittant Skoura, on commence les montées. On traverse de grands plateaux s’étendant à perte de vue (car il y a une sorte de brouillard, sans ça on pense qu’on verrait les montagnes de l’Atlas… Dommage!). C’est un peu monotone, mais tranquille. Petit à petit avant Kalaat M’gouna, les montées se font plus raides… On sent qu’on s’approche de la vallée des Roses.
À la sortie de Kalaat M’gouna, la route est en très mauvais état (à cause de travaux?) mais très vite, elle redevient praticable. Une montée en lacet nous dévoile une vue splendide sur la kasbah en contrebas, puis une autre de l’autre côté. La route est d’abord un peu monotone ensuite sur quelques kilomètres, c’est là qu’on trouve un point de bivouac tranquille dans le lit d’un oued asséché.

La vallée des Roses jusqu’à Bou Tharar

Après plusieurs kilomètres, on arrive au cœur de la vallée des Roses. Ça ne ressemble pas à ce à quoi on s’imaginait: ce n’est pas très vert et c’est plutôt rocailleux. On n’aperçoit d’ailleurs pas un seul rosier. Par contre, les paysages sont splendides.
On est très contents d’avoir décidé de faire le détour. La vallée avec son oued (avec de l’eau cette fois), les collines rougeoyantes et la route à flanc de colline, whaou! Après une pause déjeuner profitant d’un superbe panorama, on arrive à Bou Tharar, ville où l’on va quitter la vallée des Roses pour traverser vers la vallée du Dadès, sans avoir besoin de redescendre vers la nationale.
Les gorges du Dadès (88,9 km – 1623 D+)
La liaison hors-piste: l’état de la piste en terre
Dès l’entrée dans le village de Bou Tharar, on passe sur une route très caillouteuse et vraiment pas facile à vélo. On se ravitaille dans le village où l’activité est impressionnante car c’est le jour du souk hebdomadaire.
En quittant le village, la « route » est un peu meilleure, mais c’est en réalité une piste en terre. Il y a visiblement des traces de véhicules mais nous n’imaginons pas une voiture neuve ou de location passer par ici…

Les paysages autour de nous sont sublimes, on a des points de vue sur les montagnes enneigées toutes proches, et on se sent seuls au monde. Sur les 12 kilomètres de route, on ne croise qu’un berger et ses deux enfants, ainsi qu’un voyageur français à pied (Impressionnant le garçon!). On bivouaque juste avant d’arriver dans la vallée du Dadès.
La vallée du Dadès et le fameux « serpent du Dadès »
Après encore quelques centaines de mètres, on arrive dans la vallée du Dadès. On retrouve donc une route (assez fréquentée car la zone est touristique). On enchaîne les villages ainsi que les montées/descentes assez raides jusqu’au point de départ des randonnées vers la formation rocheuse des Monkey Fingers. Le spot est certes joli et insolite, mais on pense avoir vu beaucoup mieux dans l’Anti-Atlas. Et surtout, on est accompagnés de dizaines de touristes débarqués fraîchement de leur bus. Avec les vélos, impossible de randonner parmi les roches pour s’éloigner de la foule… Dommage!

On avance ensuite jusqu’au serpent du Dadès, cette fameuse route en serpentins dont on a vu 1000 photos. La montée n’est finalement pas si horrible, et elle est ponctuée par de superbes vues en contrebas sur le Dadès, au creux de la gorge. Il faut dire qu’on a une pointe d’émotion en arrivant en haut: voir ces gorges que l’on n’était pas sûr d’être capable physiquement d’atteindre, on est fiers!
Après le serpent, les touristes se font beaucoup plus rares. On redescend une route magnifique sur quelques kilomètres et s’arrête au camping Amana Maktoub pour la nuit, une vraie bonne surprise!
Les gorges du Dadès jusqu’à Msemrir
À peine repris la route, on se rend compte qu’on logeait à moins d’un kilomètre du deuxième spot photo qui nous faisait rêver. Le fameux défilé des gorges du Dadès!
La route est au bord de l’eau, et de chaque côté la falaise monte de manière vertigineuse, c’est indescriptible. On est un peu embêtés par un jeune homme nous collant car il veut nous faire prendre et payer une photo avec son dromadaire… Mais on parvient tout de même à profiter de l’endroit.


Ensuite, la route est toujours très belle, au cœur des gorges. À part quelques camping-cars, on croise peu de véhicules. Un peu avant Msemrir, une longue montée nous offre des paysages à couper le souffle sur les montagnes enneigées. Nous passons la nuit à l’Auberge la vallée des pommes, avant de prendre la direction des gorges du Todgha.
👀 Conseils de terrain – sécurité et rabbatteurs:
Expérience similaire mais cette fois avec deux jeunes à vélo, qui nous ont suivis, de très près, jusqu’à Msemrir… Vibe très étrange et un peu oppressante. Mais ils ont disparu lorsqu’on a commencé à chercher un hôtel… Bizarre.
Ne vous laissez pas impressionner par leur persistance. Restez courtois, tracez votre route, et attendez d’être arrivés dans les villages pour comparer tranquillement vos options de logement.
Les gorges du Todra (90,7 km – 1113 D+)
Le passage du col vers Tamtetoucht : le point culminant
Longue d’une quarantaine de kilomètres, une route (désormais goudronnée) sépare Msemrir de Tamtetoucht, à quelques kilomètres des gorges du Todhga. On commence par 600 mètres de dénivelé positif sur environ 15 kilomètres, la montée la plus longue de notre voyage, pour atteindre le point culminant de nos 2 mois au Maroc: 2600 mètres d’altitude, les pieds dans la neige!
C’est ensuite l’heure de la redescende, même type de pente, même dénivelé, mais la route est beaucoup plus jolie. On croise aussi plusieurs campements de nomades. Très vite, se découvre un panorama sur le plateau de Tamtetoucht, jusqu’à ce que l’on atteigne la ville, où l’on dormira à l’excellente auberge Amazigh.

La vertigineuse descente des Gorges du Todgha

On commence par traverser Tamtetoucht que l’on trouve vraiment charmant, avec son grand souk quotidien. Très vite, on découvre le lac de barrage et son eau turquoise, parfait pour une pause! On descend et on arrive dans les gorges du Todgha. C’est indescriptible, le paysage est magnifique, comme tout droit tiré d’un jeu vidéo. À chaque tournant, la vue est plus impressionnante que précédemment. Contrairement aux gorges de Dadès, ici les falaises s’étendent sur des kilomètres. Lors de la descente, on découvre des gorges de plus en plus hautes, quelle folie! La descente à vélo est magique, un top de notre voyage de deux mois à vélo au Maroc!
Après cette descente à couper le souffle presque seuls au monde, on arrive sur un parking, qui est l’arrêt touristique des bus et excursions, qui ne montent pas plus haut. C’est blindé et donc pas très agréable, même si le défilé est très impressionnant. On continue la route principale qui descend vers Tinghir, dont le principal attrait est sa palmeraie que l’on voit très bien depuis la nationale en passant de belvédère en belvédère.
Vers le désert (45,6 km – 277 D+)
Après avoir descendu la vallée du Drâa jusqu’à Zagora mais avoir fait demi-tour à cause de la météo, nous souhaitions nous donner une seconde opportunité de voir le désert, cette fois à Merzouga. Depuis Tinghir, on prend donc la direction de Merzouga via Tinjdad et Erfoud.
La route est plate ou en légère descente tout du long, mais la météo joue encore contre nous. Un vent extrêmement fort nous dérange et nous épuise. Nous prenons la décision d’aller directement en bus de Tinjdad à Merzouga pour découvrir les dunes de l’Erg Chebbi.
Notre ressenti sur cet itinéraire
Cette étape est peut-être la plus majestueuse de notre voyage à vélo au Maroc. On a traversé des paysages irréels, des images qui seront gravées pour toujours. Nous attendions beaucoup de cet itinéraire, qui nous a menés au-delà de nos espérances.
Physiquement, ces quelques jours auront été très éprouvants. Nous avons fait face aux montées les plus raides et les plus longues de notre périple. Nous sommes très heureux d’avoir parcouru la côte atlantique et l’Anti-Atlas avant pour préparer nos mollets.
Cet itinéraire entre Ouarzazate et les gorges du sud marocain restera l’un des moments les plus intenses de notre aventure. Entre la Vallée des Roses, les impressionnantes Gorges du Dadès et les spectaculaires Gorges du Todra, chaque journée nous a offert des paysages radicalement différents, toujours plus grandioses.
Mais au-delà des décors, c’est aussi une étape qui nous a poussés, physiquement comme mentalement. Entre dénivelé et conditions parfois imprévisibles, on sort clairement de cette portion avec un sentiment d’accomplissement. C’est ce mélange d’effort et de beauté qui rend cette partie du Maroc si marquante à vélo.
La suite de l’aventure nous emmène vers un tout autre univers, avec l’arrivée dans le désert et la découverte de Merzouga, avant de poursuivre notre exploration du pays à travers d’autres ambiances pendant notre voyage à vélo au Maroc.

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