Visiter Taroudant, ce n’est pas cocher une liste de monuments incontournables. C’est plutôt prendre le temps de se perdre dans ses ruelles, de flâner dans les souks et de découvrir une ville marocaine dans ce qu’elle a de plus authentique. Ici, peu de visiteurs, mais une vie locale bien présente. Une étape discrète, mais marquante, dans notre voyage à vélo à travers le Maroc.
Comment aller d’Agadir à Taroudant?
Taroudant est à environ 1 h 30 de route d’Agadir. En voiture, le trajet est simple: la route est large, en bon état et assez directe. Il y a toutefois pas mal de circulation et il faut faire attention aux 2-roues. (Surtout de nuit car ils n’ont pas forcément de feux…)
Pour ceux qui ne sont pas véhiculés, plusieurs options existent. Des bus relient régulièrement Agadir à Taroudant, avec des départs fréquents dans la journée. Le trajet est économique et relativement confortable, même si les horaires peuvent être variables selon les compagnies. Autre solution très populaire pour les Marocains : les grands taxis. Ces véhicules collectifs permettent de rejoindre Taroudant rapidement depuis les gares routières ou certains points de départ à Agadir. Le fonctionnement est simple : le taxi part une fois rempli (généralement 6 passagers), mais il est aussi possible de payer pour plusieurs places afin de partir plus vite ou avec plus de confort.
Que ce soit en voiture, en bus ou en taxi, Taroudant est donc facilement accessible depuis Agadir, ce qui en fait une excursion idéale à la journée pour découvrir une ville plus authentique, loin de l’ambiance balnéaire de la côte. La ville est aussi sur la nationale 10 qui relie directement Agadir et Ouarzazate et la nationale 7 relie la ville à Marrakesh. Taroudant est donc une étape logique lors d’un road trip dans le sud marocain.
Que voir et que faire à Taroudant?
Les tanneries
Un peu en dehors de la médina, se trouvent les tanneries de Dar Dbagh. Plus petites qu’à Fès, elles se visitent cependant dans un cadre très agréable. Nous y étions en milieu d’après-midi, donc les tanneries n’étaient plus très actives: pour les voir en activité mieux vaut y aller le matin ou en début d’après-midi.
Malgré cela, il reste quelques tanneurs et vendeurs dans l’enceinte pour venir présenter les tanneries aux touristes. Notre guide nous a présenté l’activité. À Taroudant, ils tannent les peaux de chèvre, de vache et même de dromadaire! (Qu’ils achètent à l’abattoir juste à côté.) On peut en voir (et même en toucher) à plusieurs états d’avancement, c’est très intéressant.

Nous découvrons les différents bains dans lesquels les peaux sont trempées et notre guide nous raconte le processus complet. Ensuite, il nous présente son atelier et nous montre comment il travaille. Les odeurs sont très supportables (contrairement à ce qu’on avait pu lire). La visite se termine par un passage dans toutes les boutiques, c’est de bonne guerre. Franchement, les prix ne sont pas élevés par rapport à ce qu’on attendait et au travail fourni. Nous n’avons rien acheté mais avons laissé quelques dirhams au guide pour le remercier de ses explications.
Les remparts
Dans les guides, nous avions beaucoup entendu parler des remparts de Taroudant, avec leurs couleurs magnifiques. Elles sont citées comme un des points d’intérêt majeurs de la ville. Lors de notre passage en février 2026, les remparts étaient en rénovation et sur la plupart des murs, la jolie couleur rougeoyante était remplacée par de la chaux blanche… Nous n’avons pas vraiment eu l’effet whouau escompté… Dommage!
Longue de 7 km, la balade autour des remparts (au moins sur une partie) est tout de même très sympa.
🌇 Coucher de soleil sur les remparts

La médina
La médina de Taroudant est la vieille ville fortifiée. Pour y entrer, il faut traverser les remparts. On découvre alors une ambiance authentique, et les touristes sont très peu nombreux. On peut observer des scènes quotidiennes que notre passage n’interrompt pas. Des vendeurs (fruits et légumes, pain…), des charrettes, des mobilettes et des vélos… la vie bat son plein dans la médina.
Comme dans de nombreuses villes, la médina de Taroudant est un dédale de ruelles où l’on prend plaisir à se perdre. On ne manquera pas la place Assarag, la plus animée de la ville. Ici, de nombreux cafés proposent de s’attabler pour prendre un thé, passer le temps, profiter du soleil et observer la vie se dérouler sous nos yeux. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait en prenant un thé (10 dirhams le thé).

On peut aussi se promener dans le souk berbère (en rénovation après un incendie) qui propose principalement de l’alimentaire et des produits du quotidien, et dans le souk arabe, dédié plutôt à l’artisanat.
Nous avons poussé la balade jusqu’à l’ancienne kasbah, coin que nous avons trouvé plutôt joli.
Notre ressenti
Taroudant est une ville qui n’est pas envahie par les touristes. Ainsi, nous avons pu plonger dans la vie quotidienne marocaine sans avoir cette impression de ville modifiée par le tourisme. C’est très agréable! Il n’y a pas particulièrement de “choses à voir ou à faire à Taroudant”, mais c’est justement ce qui en fait une étape intéressante.
On a aimé prendre le temps de se promener et d’observer la vie se dérouler devant nous. Une journée est largement suffisante à notre goût pour découvrir Taroudant. Nous sommes ravis d’y être allés, et encore plus d’y être allés en voiture. Cela nous permet de continuer notre itinéraire à vélo vers l’Anti-Atlas.
Taroudant n’est peut-être pas la ville la plus spectaculaire du Maroc, mais elle offre une immersion sincère dans le quotidien marocain. Ce détour depuis Agadir s’est révélé être une belle surprise. Une parenthèse authentique, loin des grandes destinations touristiques, qui s’intègre parfaitement dans notre voyage à vélo au Maroc.
Et après cette immersion urbaine, le contraste est d’autant plus marquant en reprenant la route vers les montagnes de l’Anti-Atlas, notamment en direction de Tafraoute, la perle de l’Anti-Atlas , où les paysages prennent une toute autre dimension.

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