Après le désert et les paysages minéraux du sud, nous prenons avec nos vélos la direction du nord du Maroc. Très vite, le décor change. Les teintes ocre laissent place au vert, et nous entrons progressivement dans les montagnes du Rif.
À vélo, cette portion est différente de tout ce que nous avons connu jusque-là. D’abord deux grandes villes impériales, puis des routes sinueuses au cœur des collines, jusqu’à la mythique Chefchaouen, puis la descente vers la mer en direction de Tanger Med. Une transition forte dans notre voyage, qui marque peu à peu la fin de notre traversée du Maroc.
L’arrivée dans le nord du Maroc
Après notre étape dans les dunes de sable de Merzouga, nous avons décidé de ne pas traverser l’Atlas à vélo car notre matériel n’était pas adapté aux températures en altitude. Nous avons donc décidé de prendre un bus pour remonter directement vers Fès, et pour cela, il nous fallait pédaler jusqu’à Rissani.
Merzouga – Rissani à vélo (49,7 km – 179 D+)
Depuis la ville de Merzouga, nous décidons de faire un détour par le lac de Merzouga. La route d’accès est une piste caillouteuse, mais le lac se dévoile très vite. L’endroit est magnifique, on peut observer des canards et flamants roses. C’est très paisible et quelques camping-cars passent même la nuit sur les rives.

Pour remonter vers le nord, on décide d’abord d’emprunter la P7111 car elle longe les dunes. On traverse Hassilabied et très vite on a l’impression d’une route qui traverse le désert. Les dunes de sable sur notre droite, et sur notre gauche, un plateau caillouteux noir à perte de vue. C’est ce plateau qu’on traverse pour rejoindre la nationale.
On continue ensuite notre longue ligne droite dans le désert jusqu’à s’approcher de Rissani, où on prendra le bus quelques heures plus tard. On profite de notre temps libre pour visiter la palmeraie et le mausolée Moulay Ali Chrif, un joli détour.
Bus de nuit Rissani – Fès
Pour traverser l’Atlas, nous avions le choix entre deux compagnies de bus qui proposent chacune un unique trajet par jour, de nuit: Supratours et CTM. Nous avons choisi CTM car nous arrivions à Fès à 6 h du matin (contre 4 h 30 pour Supratours), et nous avons préféré la gestion plus « officielle » des vélos avec CTM.
Les billets se réservent sur le site internet CTM ou directement au bureau sur place à Rissani (qui n’est pas toujours ouvert). Les vélos sont considérés comme des bagages supplémentaires volumineux et ont donc besoin d’un ticket (une trentaine de dirhams, soit 3€ par ticket). Ensuite, lors de l’arrivée du bus, nous plaçons les vélos tout équipés dans la soute à bagages en les accrochant avec nos tendeurs pour qu’ils tiennent correctement.
Le trajet en bus, bien que pas très agréable, se passe correctement. Une pause à 2h30 du matin permet de se dégourdir les jambes, d’aller aux toilettes et de manger pour les Marocains pendant le Ramadan. (Les grillades à cette heure-là… très peu pour nous!) Nous arrivons à Fès à l’heure prévue, c’est-à-dire 6 h du matin.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Fès
Entre les villes impériales: Fès et Meknès (79,8 km – 720 D+)
On quitte Fès par sa banlieue commerciale, que nous avons trouvée très similaire à celle de Tanger. Nous décidons d’éviter la nationale très passante et empruntons une route dans une zone agricole, qui s’avère elle aussi passante. On longe la voie ferrée, puis d’immenses champs d’oliviers: le paysage est de nouveau très vert comme au début du voyage sur la côte atlantique.

La route est facile et nous avançons bien, ce qui nous permet de bivouaquer à quelques kilomètres seulement de Meknès, dans une sorte de carrière où nous n’avons pas été dérangés. L’occasion d’arriver tôt à Meknès le lendemain, parfait pour visiter la ville!
Vers Chefchaouen (230,3 km – 2896 D+)
De Meknès à Had Kourt

En partant de Meknès, on prend la direction du site de Volubilis, à 30 kilomètres au nord de la ville. Le chemin, très vert avec beaucoup d’oliviers, nous fait penser à la campagne française… jusqu’à arriver à Moulay Idriss, ville blanche sur son promontoire, à juste quelques kilomètres du site de Volubilis, ruines romaines les mieux conservées d’Afrique du Nord.
On quitte Volubilis et on enchaîne les villages qui entrecoupent d’immenses étendues vallonnées de champs jusqu’à Sidi Kacem. On traverse de grandes zones agricoles jusqu’à arriver à la très animée Khenicet, puis jusqu’à Had Kourt où on bivouaque dans la forêt.
De Had Kourt à Chefchaouen
On reprend la route direction Ouezzane accompagné de l’odeur d’olive des grandes huileries environnantes. On entre dans les montagnes du Rif: des paysages arborés et très escarpés, ce qui se ressent dans les cuisses. C’est très joli et on grimpe progressivement. Un peu après Derdara, on quitte la route nationale pour la R412 direction Chefchaouen.
Arrive alors la portion pas facile jusqu’à Chefchaouen: 6 kilomètres de montée non-stop avec 600 m de D+. Nos corps usés trouvent cette montée interminable, mais peu à peu, les points de vue sur la ville se dévoilent. En effet, elle est bleue! Mais beaucoup plus étendue que dans notre imaginaire: c’est une vraie grande ville.

Il y a aussi beaucoup de trafic et beaucoup de touristes, mais c’est un incontournable. Nous passerons 2 nuits au camping de Chefchaouen pour nous reposer et profiter de la ville.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Chefchaouen
Retour au port de Tanger Med (126,2 km – 1494 D+)
De Chefchaouen à Tétouan
On quitte Chefchaouen direction Tétouan. C’est une longue descente qui nous attend pour retrouver la Nationale 2 que l’on suivra jusqu’à Tétouan, avec le vent à nouveau de face. On passe par de jolis coins, verts et vallonés, notamment le joli lac de barrage Ennakhla très grand (mais avec l’eau moins bleue que dans les gorges du Todgha quand même).

Quelques kilomètres après Beni Hassen, n’étant pas pressés, nous décidons de quitter la nationale et de grimper un peu sur une petite route. Celle-ci nous offre une vue splendide sur les montagnes du Rif, surplombées par un épais nuage semblable à de la neige. On passe aussi devant les ruines d’anciennes poudrières espagnoles, intéressantes!
On retrouve la nationale via un petit chemin caillouteux et boueux. Un détour fatigant mais sympa. S’ensuit alors un long faux-plat descendant jusqu’à la ville de Tétouan, pas très adapté au vélo. La ville est très étendue, très en pente et très peu abritée du vent. Pas le meilleur combo! On y passera 2 nuits pour visiter la ville.
👉 Retrouvez ici notre article dédié à Tétouan
De Tétouan à Tanger Med
On quitte Tétouan par la N2 avant de bifurquer sur la R401 direction Ksar Sghir. Ça roule bien jusqu’à ce qu’on se fasse un peu avoir par nos GPS: on ne peut plus passer au niveau du barrage Hassan Ben Al Mahdi! (Il faut simplement suivre la route, ce qui ne parait pas absurde, mais ce n’est pas ce qu’indiquaient nos applis.) Nous avons évité un aller-retour de 10 km grâce aux gardiens du barrage qui nous ont laissé passer, au prix de négociations et de beaucoup d’efforts, car nous avons dû pousser les vélos sur des terrains pas du tout adaptés. Mais bon, c’était une expérience insolite!
On arrive finalement à Ksar Sghir où on écoule nos derniers dirhams en faisant nos emplettes pour le retour en ferry. On retrouve la zone commerciale à côté de laquelle on était passé plus de 2 mois auparavant: la boucle est bouclée. Whaou, ça fait quelque chose! On se dirige vers le port de Tanger Med, dernière étape de notre périple au Maroc. On a beaucoup d’émotions à décanter, et les 40 heures de ferry vers Sète vont nous permettre de souffler.
Ce dernier tronçon entre Fès et Tanger Med vient clore notre traversée du Maroc sur une note totalement différente. Entre les routes du Rif, les villages isolés et l’arrivée progressive vers la mer, cette portion a marqué une transition forte, presque une redescente après l’intensité des étapes précédentes. L’arrivée à Tanger Med a un goût particulier : celui de la fin d’un chapitre, après des milliers de kilomètres parcourus à vélo.
Pour découvrir l’ensemble de notre aventure, retrouvez notre voyage à vélo au Maroc, ainsi que nos étapes marquantes comme l’Anti-Atlas ou encore la vallée du Drâa. Une manière de revivre, étape après étape, cette traversée aussi exigeante qu’inoubliable.

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